Le nombre de cas actifs progresse beaucoup plus vite au N.-B. que dans le reste du pays

L’échantillon est petit et il s’agit peut-être d’une anomalie statistique qui va se résorber à moyen terme, mais l’augmentation du nombre de cas actifs de COVID-19 au Nouveau-Brunswick suit, depuis deux semaines, une tangente totalement opposée à celles de la majorité des autres provinces canadiennes.

Depuis le 1er janvier, dans l’ensemble des provinces canadiennes, le nombre de cas actifs de COVID-19 a diminué de 3%.

Il était de 77 629 au Jour de l’an. Il s’élevait dimanche soir à 75 274. La tendance est donc légèrement à la baisse.

C’est toutefois loin d’être le cas au Nouveau-Brunswick alors que pendant la même période, le nombre de cas actifs est passé de 24 à 292. Il s’agit d’une augmentation de… 1068%.

Au cours de la même période, seulement deux autres provinces ont vu leur nombre de cas actifs de COVID-19 augmenter, soit l’Ontario (32%) et la Saskatchewan (53%), mais dans des proportions, on peut le voir, beaucoup moins grandes qu’au N.-B.

Le nombre de cas actifs a aussi augmenté en Nouvelle-Écosse et à l’Île-du-Prince-Édouard, mais dans le cas de ces deux provinces, l’échantillon est beaucoup trop petit (sept et deux cas respectivement) pour établir une comparaison.

Dans les autres provinces, le nombre de cas actifs a diminué du 1er au 17 janvier, soit de 8% au Québec, 28% en Alberta, 32% au Manitoba et 34% en Colombie-Britannique.

Si on réduit la période de temps étudiée, en la faisant passer à une semaine, encore une fois, le N.-B. fait bande à part, et pas pour les bonnes raisons.

Du 10 au 17 janvier, le nombre de cas actifs dans la province est passé de 185 à 292. Il s’agit d’une augmentation de 58%.

Dans l’ensemble du pays, pendant la même période, le nombre de cas actifs a diminué de 12%.

Si on fait exception des provinces de l’Atlantique – où le nombre de nouveaux cas est trop petit pour y dégager une véritable tendance -, une seule autre province que le N.-B. a vu son nombre de cas actifs augmenter pendant cette période, soit la Saskatchewan (18%).

Partout ailleurs, le nombre de cas actifs a diminué dans la dernière semaine, soit de 4% en Ontario, 13% en Alberta, 16% au Québec, 20% en Colombie-Britannique et 35% au Manitoba.

Contagion

Si l’évolution du nombre de cas actifs de COVID-19 est inquiétante au N.-B., la province demeure tout de même un endroit très sûr par rapport aux autres juridictions canadiennes, où le coronavirus est beaucoup plus présent.

Avec l’augmentation du nombre de cas ces deux dernières semaines, le N.-B. affiche un taux de cas actifs de 37 par 100 000 habitants.

Il s’agit évidemment du taux le plus élevé parmi les provinces de l’Atlantique – l’Î.-P.-É. est à 5, la Nouvelle-Écosse à 3 et Terre-Neuve-et-Labrador à 2.

La situation est beaucoup moins rose dans les provinces situées à l’ouest du Nouveau-Brunswick.

Avec ses 37 cas actifs par 100 000 habitants, le N.-B. fait beaucoup mieux que la Colombie-Britannique (116), l’Ontario (196), le Manitoba (223), le Québec (241), l’Alberta (276) et la Saskatchewan (350).

La moyenne canadienne est de 199 cas actifs par 100 000 habitants.

Ce qu’on peut déduire de ces données, c’est que la COVID-19 est encore beaucoup moins présente sur le territoire du N.-B. que dans les provinces les plus populeuses (mis à part la Nouvelle-Écosse).

La situation devra donc se détériorer encore beaucoup avant que le N.-B. affiche un taux de cas actifs par 100 000 habitants qui s’approche de la moyenne nationale.

Reste que les choses peuvent évoluer rapidement: il y a 17 jours, le N.-B. affichait un taux de cas actifs par 100 000 habitants de 3,2, soit 202 de moins que la moyenne nationale. Dimanche soir, cette différence n’était plus que de 161…