Un nouvel outil s’ajoutera à la panoplie des agents de GRC à travers la province. La force policière fédérale prépare cette année le déploiement à l’échelle du pays de 10 000 caméras destinées à documenter le travail de terrain de ses agents.

Peu après la mort de l’Afro-Américain George Floyd aux mains de policiers de Minneapolis, le premier ministre Justin Trudeau s’est prononcé en faveur du recours aux caméras personnelles par les membres de la GRC. Le chef du gouvernement canadien y voyait un moyen de rendre les interventions policières plus transparentes, ce qui permettrait notamment de lutter contre le racisme et la discrimination raciale.

Ottawa a finalement débloqué 238,5 millions $ sur six ans pour en faire l’achat des caméras et d’un système d’archivage.

Ces équipements iront aux policiers de première ligne. Le déploiement sera progressif au Nouveau-Brunswick.

Selon le surintendant Tom Critchlow, à la tête du service régional Codiac de la GRC, une partie des agents du Grand Moncton devraient être équipés dès l’été 2021.

Le gendarme à la tête du plus gros détachement du Nouveau-Brunswick attend désormais des lignes directrices précises de la part de la Direction générale de la GRC à Ottawa.

«Il reste plusieurs questions techniques à régler», note Tom Critchlow.

Dans quelles circonstances la caméra sera-t-elle activée? Le policier pourra-t-il décider quand l’allumer et quand l’éteindre? Comment les enregistrements seront-ils utilisés? Comment seront conservées ces quantités massives de fichiers vidéo? Voilà autant de questions centrales qu’il faudra clarifier.

La Fédération de la police nationale a déjà pris position sur cet enjeu. Son président Brian Sauvé demande par exemple que les membres ne se voient pas imposer de nouvelles tâches administratives ou logistiques suite à la venue de ce nouvel outil.

«Nous croyons que les caméras corporelles nous permettront de mieux saisir le contexte, et qu’elles amélioreront le niveau de transparence et de responsabilisation pour la police et les citoyens. Nous sommes également conscients des problèmes très réels en matière de protection de la vie privée qui sont en jeu et nous voulons nous assurer que ce nouvel outil n’encombrera pas nos membres, n’entravera pas leur travail, ni ne compromettra leur sécurité de quelque façon que ce soit», ajoute-t-il.

Les enseignements d’un projet pilote, lancé en novembre à Iqaluit, au Nunavut, serviront à guider l’initiative pancanadienne.

Rappelons qu’au Nouveau-Brunswick, la Force de police de Bathurst a adopté les caméras corporelles dès 2013. Elle a été imitée par la Force de police de Fredericton en 2018, puis par la police de Saint-Jean à l’automne 2020.

Leur utilité reste toutefois sujette à débat. Une étude menée en 2013 à Rialto en Californie a révélé que l’emploi de la force par les policiers était deux fois moins fréquent parmi les policiers qui portaient des caméras corporelles et qu’il y avait eu une baisse de 87% des plaintes pendant la période d’essai.

Les recherches menées par Dr Rémi Boivin, professeur agrégé à l’École de criminologie de l’Université de Montréal, ont mené à la conclusion que la présence de caméras n’a aucun effet marqué sur l’usage de la force pendant les interventions policières. Les projets pilotes entrepris par les services de police d’Edmonton (2015), de Toronto (2016) et maintenant de Montréal (2019) n’ont pas permis d’observer de changement radical sur les pratiques des agents.

Dr Boivin estime toutefois que les enregistrements peuvent parfois«agir comme un témoin neutre qui aide à rétablir la vérité ou à améliorer la vie sociale», en participant à faire la lumière sur le travail accompli par les agents de la paix lors d’une enquête sur une intervention policière.

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