Qualité de l’eau: Ottawa ne semble plus ouvert au dragage des chenaux à Tracadie

Alors que la Municipalité régionale de Tracadie cherche toujours des solutions pour améliorer la qualité de l’eau dans la baie de Tracadie, une lettre récente du bureau de Bernadette Jordan, ministre de Pêches et Océans Canada, semble contredire les conclusions avancées antérieurement par le même ministère.

La qualité de l’eau préoccupe particulièrement les ostréiculteurs de la région, qui ont rapporté d’importantes pertes des huîtres cultivées en suspension dans la partie nord de la baie au cours des dernières années.

Des études scientifiques menées par le MPO a permis de déterminer que les pertes sont causées par une dégradation à long terme de la qualité de l’eau, au point où il y a un manque d’oxygène. Il faut 90 jours avant que l’eau de la baie se renouvelle. En temps normal, ce processus naturel ne prend que quelques jours.

Le ralentissement des courants serait provoqué par l’ensablement de l’une des ouvertures de la baie, ce qui favorise aussi la croissance d’algues.

L’été dernier, Tracadie a soumis une demande au gouvernement fédéral pour effectuer des travaux de dragage. La demande est toujours à l’étude. Une autre étude environnementale serait nécessaire avant d’entamer des travaux. La MRT attend toujours des réponses à cette demande.

À la grande surprise du conseil municipal de Tracadie, une lettre envoyée récemment par bureau de la ministre Jordan semble ajouter des causes potentielles de pollution dans ce cours d’eau. Une résolution a été adoptée lundi soir pour que la direction générale de la MRT fasse un suivi avec le MPO pour obtenir plus de précisions.

«Je trouve regrettable que deux éléments de la lettre ne coïncident pas avec l’information qu’on nous a donnée lors de réunions avec les spécialistes de Pêches et Océans», a commenté le maire Denis Losier.

Dans la lettre, Pêches et Océans Canada identifie le rejet d’eaux usées par différentes industries et par la population ainsi que les nutriments en provenance du secteur agricole comme une source potentielle de contamination.

«Quand on a assisté aux rencontres où l’on nous présentait les conclusions des études, ça n’avait jamais été identifié (comme une source du problème)», ajoute le maire.

Par ailleurs, toujours selon la lettre, le dragage ne serait pas nécessairement la clé permettant de résoudre tous les problèmes de façon définitive.

«Les spécialistes nous avaient identifié trois lieux où faire du dragage et si les travaux étaient faits de façon convenable, il y aurait une meilleure aération dans la baie et le renouvellement de l’eau se ferait dans un délai adéquat.»

Le fédéral promet de poursuivre la collaboration avec d’autres ministères fédéraux et partenaires provinciaux pour répondre aux préoccupations environnementales qui concernent cette région.