Miramichi: pas de cas de COVID-19, mais tout de même un impact économique

Arrêt presque incontournable des automobilistes et camionneurs qui font le trajet entre le nord et le sud de la province, la région de Miramichi a vu le trafic routier diminuer drastiquement depuis l’arrivée de la COVID-19. Quel en est l’impact sur l’économie locale?

Président de la Chambre de commerce de Miramichi, Wayne Bushey dit avoir observé cette réalité depuis le début de la pandémie. «Et c’est encore plus vrai depuis que l’on est passé en orange et où l’on nous décourage fortement de voyager entre les régions pour tout ce qui n’est pas essentiel. Et maintenant que tout le Sud est en rouge, ça risque de diminuer encore», croit-il.

Cette baisse ne serait pas sans impact. C’est que la région est bien connue comme étant une halte naturelle coupant en deux le trajet nord-sud sur la route 11. Essence, café, restaurants… Les voyageurs choisissent généralement Miramichi pour faire une pause.

«Puisqu’il y a moins de trafic routier, il y a moins de gens qui arrêtent dans certains types de commerces du coin. C’est particulièrement difficile pour tout ce qui est bars et restauration par exemple. En plus, ces secteurs sont également touchés en raison de la baisse de fréquentations des consommateurs locaux qui sortent moins, qui ne veulent pas courir de chance en raison de la pandémie», indique M. Bushey.

Cela dit, ce qui est mauvais pour l’un ne l’est pas nécessairement pour l’autre. Ainsi, le président de la Chambre de commerce affirme qu’alors que certains commerçants du coin souffrent en temps de pandémie, d’autres, plus chanceux, tirent plutôt bien leur épingle du jeu.

«Les avis sont partagés. Ça va mal d’un côté, mais bien de l’autre. J’ai notamment parlé récemment avec un quincaillier qui n’a jamais été aussi occupé qu’au cours des derniers mois. En fait, ce serait même sa meilleure année en carrière», dit-il.

Selon lui, le fait que sa propre population se déplace beaucoup moins depuis le début de la pandémie explique en grande partie le succès des certains commerces.

«Moi-même, je ne suis pratiquement pas sorti de la région depuis les derniers alors que j’allais tout de même de temps en temps à Moncton ou à Bathurst. La pandémie et les phases de rétablissement en ont convaincu plusieurs de rester ici. Au lieu d’aller au Costco, et donc aller dépenser leur argent dans une autre région, ils consomment plutôt localement, ce qui est excellent», concède-t-il, ajoutant néanmoins espérer un retour à la normale le plus tôt possible.

M. Bushey se dit par ailleurs agréablement surpris – et heureux – de constater que sa région n’a toujours aucun cas de COVID-19 depuis le début de la deuxième vague et seulement six depuis le début de la pandémie il y a bientôt un an.

«On est vraiment chanceux, mais aussi les régions avoisinantes comme Chaleur et la Péninsule acadienne, car on a eu très peu de cas jusqu’à présent. Je ne crois pas que l’on fait les choses vraiment mieux ou différemment des autres régions. J’imagine que le fait que nous soyons relativement loin de frontières pèse dans la balance. C’est difficile à expliquer», avoue-t-il.