Vaccins: des préposés devront attendre plus longtemps à Bathurst

Des employés de foyers de soins spéciaux au Nouveau-Brunswick sont victimes des problèmes d’approvisionnement de Pfizer.

L’Acadie Nouvelle a appris que des membres du personnel de foyers de soins spéciaux de la région de Chaleur qui devaient recevoir leur première dose du vaccin de Pfizer-BioNTech contre la COVID-19 ce weekend devront patienter plus longtemps que prévu.

Trois gestionnaires d’établissements ont indiqué au journal mercredi que l’immunisation de certains de leurs employés a été annulée en raison du manque de vaccins.

Le major général Dany Fortin, le militaire à la tête de la distribution des vaccins contre la COVID-19 au pays, a indiqué à la presse mardi que le Canada ne recevra aucune dose du vaccin Pfizer-BioNTech la semaine prochaine en raison de travaux à son usine en Belgique.

Pour la semaine en cours, Pfizer ne livra que 82% des doses qui étaient attendues au pays.

Ce retard dans la livraison des vaccins à l’échelle nationale à des conséquences jusqu’à Bathurst.

Le copropriétaire des foyers de soins spéciaux Chez Annie Frenette de Bathurst et Chez Annie de Robertville, Steven Sisk, affirme qu’une dizaine de ses employés devaient recevoir une première dose du vaccin ce weekend avant d’apprendre mardi que leur rendez-vous était remis à une date indéterminée.

«Nous avons reçu un autre appel pour nous dire que c’était annulé parce que le nombre de vaccins qui étaient attendus dans notre région a diminué de moitié», explique-t-il.

Soixante résidents vivent dans les deux foyers de Steven Sisk et Annie Frenette et une quarantaine de personnes y travaillent.

Seulement six de ces employés ont reçu leurs deux doses du vaccin contre la COVID-19 lors des premières cliniques de vaccination à l’Hôpital régional de Miramichi en décembre et en janvier.

Même s’il attend avec impatience que l’ensemble de son personnel soit vacciné, M. Sisk refuse de s’en prendre à la Santé publique pour l’annulation de la vaccination de dix de ses employés.

«Nous n’avons pas le choix de suivre (les vaccins) qui rentrent. Ils ne peuvent pas donner ce qu’ils n’ont pas. Ça se déroule assez bien avec ce qu’ils ont comme stock, mais si tu n’as pas de stock, tu ne peux pas donner le vaccin.»

Le premier ministre Blaine Higgs n’a pas caché sa frustration concernant les retards d’approvisionnement lors d’un point de presse, mardi.

«Nous prévoyons toujours recevoir suffisamment de doses d’ici la mi-mars pour vacciner 35 325 personnes, mais ce n’est que la moitié des candidats prioritaires que nous voulions faire vacciner en premier», a-t-il confié.

«Cela remet en question la fiabilité de l’approvisionnement. Pouvons-nous compter sur cet approvisionnement? Devons-nous garder des vaccins en réserve pour les deuxièmes doses?», a déploré M. Higgs.

Le premier ministre a aussi dénoncé l’opacité du gouvernement fédéral et de Santé Canada en ce qui concerne le processus d’approbation de nouveaux vaccins contre la COVID-19.

«Seuls deux vaccins ont été approuvés par Santé Canada jusqu’à présent et ils l’ont été assez rapidement. Quel est le statut d’au moins deux autres vaccins qui sont devant Santé Canada pour approbation? Quel est l’échéancier? Nous ne parvenons pas à obtenir de réponse à ces questions.»

La Santé publique n’a pas été en mesure de nous préciser combien de rendez-vous de vaccination ont dû être annulés en raison des problèmes d’approvisionnement de Pfizer.

Un porte-parole a cependant laissé entendre par courriel que ces annulations ne sont pas limitées à la région de Bathurst.

«Nous savons que certains endroits devront réduire la quantité de vaccins qu’ils administreront et que cela pourrait entraîner l’annulation des rendez-vous de certaines personnes qui étaient inscrites aux prochaines cliniques», a indiqué Shawn Berry.

Il assure toutefois que la vaccination des résidents des établissements de soins de longue durée se poursuit comme prévu.

«Nos cliniques de cette semaine dans les établissements de soins de longue durée utilisent le vaccin Moderna et ne sont pas concernées par les récentes annonces (de Pfizer).

Depuis le mois décembre, des cliniques de vaccination ont eu lieu dans 22 résidences de soins de longue durée au Nouveau-Brunswick et plus de 2500 résidents ont reçu au moins une dose de vaccin contre la COVID-19.