Confinement: réactions mitigées au Madawaska

La Santé publique du Nouveau-Brunswick a recommandé vendredi un confinement total du Nord-Ouest afin de freiner la propagation du virus. Les réactions sont partagées dans la région.

Éric Marquis, le maire suppléant d’Edmundston, est favorable aux nouvelles restrictions imposées à la zone 4 par les autorités provinciales.

«On est dans une situation assez extrême, donc on doit prendre des mesures extrêmes», a-t-il évoqué.

«C’est la direction à prendre, selon moi. On doit absolument briser la chaîne de propagation si l’on veut revenir à la situation du printemps et de l’été.»

Le maire suppléant rappelle que la région n’avait enregistré aucun cas positif pendant plus de 200 jours consécutifs.

Il soupçonne toutefois que certains résidents se sont un peu trop laissés aller pendant les Fêtes.

«Je ne suis pas un expert là-dedans, mais l’une des hypothèses c’est que l’on a passé quelques semaines en phase orange juste avant les fêtes et les gens se sont peut-être relâchés un peu trop lorsqu’on est revenus en jaune.»

Peu importe les raisons qui ont mené aux récentes éclosions, M. Marquis est convaincu que le confinement total pourra aider la région à se remettre rapidement sur la bonne voie.

«À partir d’aujourd’hui, il faut être très solitaire», prévient-il.

«Il faut suivre les directives de la Santé publique et penser en mode solution.»

De son côté, le maire de Grand-Sault, Marcel Deschênes, accueille la nouvelle avec un peu plus de difficulté.

Le confinement total serait spécialement difficile à accepter pour ses résidents, confie-t-il, puisque la majorité des cas proviennent selon lui dans la région d’Edmundston pour le moment.

«Tous les jours, nous recevons plusieurs appels de gens qui ont de la difficulté à comprendre les décisions. C’est bien beau de dire aux entrepreneurs de fermer leurs portes, mais les factures elles continuent d’entrer et il faut les payer à la fin du mois.»

M. Deschênes s’inquiète aussi pour la santé mentale de ses résidents à l’aube de ce confinement total.

«À ce point-ci, les gens ont beaucoup de frustrations et donc c’est dur à avaler, mais il faut essayer de faire le mieux qu’on peut avec ce qu’on a. Souhaitons que les cas diminuent au cours des prochains jours et qu’on puisse revenir à une vie assez normale, si on peut l’appeler ainsi, dans un avenir rapproché.»

Le docteur John Tobin, chef du département de médecine familiale de l’hôpital d’Edmundston, est pour sa part rassuré d’apprendre la décision du gouvernement.

Il laisse entendre que le confinement total est tout à fait justifié au niveau hospitalier.

«Nous avons l’impression à travers les médias sociaux que les gens ne suivent pas nécessairement toutes consignes. Nous sommes donc inquiets pour les éclosions qui pourraient survenir. Nous ne pouvons pas faire autrement que de soutenir cette décision. On pense que c’est la bonne.»

Le docteur affirme que l’hôpital régional d’Edmundston n’est pas encore submergé, mais soigne désormais des patients touchés par la COVID-19 et se prépare à un potentiel afflux en raison des éclosions dans les foyers de soins.