La propriétaire du Chantal’s Steak House déterminée à rebondir

Lorsque les flammes ont ravagé son restaurant, Chantal Sirois n’a pas versé une seule larme. Clouée devant le brasier jusqu’aux petites heures du matin, la femme de Saint-Joseph était déjà en train d’imaginer comment faire renaître son commerce de ses cendres.

Dans la nuit du 22 au 23 novembre, les murs du Chantal’s Steak House et du Café d’la vieille forge à Saint-Jacques, dans la municipalité d’Edmundston, ont croulé sous les flammes.

Les pompiers ont confirmé une perte totale.

Pour Chantal Sirois et Raynald Dufour, le propriétaire du café, deux ans de souvenirs et de travail sont partis en fumée.

Néanmoins, la restauratrice était déterminée à rebondir le plus rapidement possible.

Elle peaufine aujourd’hui les derniers détails de son plan d’affaires et tente d’acquérir le même terrain pour rebâtir, espère-t-elle, d’ici le mois de novembre. «Je n’ai jamais pensé, même trente secondes, que nous n’allions pas rouvrir», a-t-elle témoigné en se remémorant le soir de l’incendie.

«Lorsque je regardais mon restaurant brûler, je me disais déjà “ce n’est pas fini, on va faire de belles choses ici.”»

Il faut dire qu’elle en a vu d’autres. C’est le quatrième incendie dans lequel elle perd tout. Dans son enfance, la maison familiale a brûlé à trois reprises. Et aujourd’hui, comme par le passé, elle n’entend pas jeter la serviette.

Ces jours-ci, Mme Sirois se consacre à magasiner de nouveaux équipements et à contacter différents entrepreneurs pour planifier l’éventuelle construction.

Elle bouillonne d’idées et aspire à bâtir un nouveau restaurant digne de ses ambitions.

«J’ai déjà eu deux restaurants, le prochain sera mon troisième et alors je veux vraiment le chouchouter (…) Je suis contente que j’aie le temps de m’en occuper. Je veux qu’il soit parfait.»

Selon Mme Sirois, le propriétaire du Café d’la vieille Forge aurait pour sa part choisi de tourner la page après l’incendie et de passer à autre chose.

La nouvelle grilladerie devrait donc prendre la relève et assurer la vente de produits alcoolisés lorsqu’elle ouvrira ses portes.

Mercredi après-midi, Chantal déblayait la neige recouvrant le dernier souvenir du restaurant ravagé derrière chez elle.

Il s’agit d’une grande enseigne épelant le nom du restaurant. On l’aurait retrouvée intacte après l’incendie.

«Les murs étaient tous tombés et l’enseigne se tenait toujours bien droite (…)», témoigne-t-elle.

«C’est comme si la vie me disait : “la bâtisse est partie, mais le Chantal’s Steak House a toujours sa place ici.»

La propriétaire souhaiterait ériger l’enseigne devant son nouveau restaurant comme preuve de résilience.

Avant que les flammes s’en prennent aux deux commerces, le restaurant connaissait une très bonne année.

Environ 300 clients franchissaient ses portes toutes les semaines et 22 employés, dont 12 serveuses, assuraient le bon fonctionnement de l’entreprise.

Au-delà de sa passion pour la restauration, c’est surtout la fidélité de ces derniers qui pousserait Mme Sirois à vouloir remettre la main à la pâte rapidement.

Elle maintient que le meilleur est toujours à venir pour le Chantal’s Steak House.

«On va prendre cette occasion pour apprendre de nos erreurs, se moderniser et recommencer du bon pied», confie-t-elle.