Les écoles du Nord-Ouest prêtes à basculer vers l’enseignement à distance

Alors que les fermetures de classes se multiplient, et qu’un confinement sera mis en place samedi dans le Nord-Ouest, comment le système scolaire s’est-il organisé pour assurer la poursuite des apprentissages à la maison?

Dans une lettre envoyée aux parents, la direction du District scolaire francophone Nord-Ouest confirme que l’enseignement à distance se fera avec la plateforme Teams et grâce à de trousses d’apprentissage pour les élèves de tous les niveaux, à partir de lundi.

Chaque élève devra donc avoir accès à un ordinateur, une tablette ou un téléphone intelligent. On prévoit un contact quotidien avec l’enseignant pour les enfants de la maternelle à la 5e année et un «enseignement régulier» pour les 6 à 8 ans.

«Nous avons plus que jamais besoin de vos précieuses collaboration et compréhension», insiste Luc Caron, le directeur général du district scolaire.

Certaines activités seront réalisées en temps réel, d’autres seront proposées en dehors des rencontres virtuelles avec l’enseignant: exercices en ligne, vidéos explicatives, travail d’équipe, lecture…

«Nous organiserons un processus de livraison ou de service au volant pour les parents qui auront besoin de récupérer le portable ou la trousse d’apprentissage pour leurs enfants», indique M. Caron.

«Les élèves de la 6e à la 8e année qui n’ont pas accès à un outil technologique pourront en emprunter un. Nous communiquerons avec ceux qui ont indiqué ne pas avoir d’outils afin de coordonner le prêt pour la période de temps que durera l’enseignement virtuel.»

Une ligne d’assistance technique est également disponible pour les élèves et les membres du personnel (1-833-453-1140).

Cette semaine, l’école Saint-Jacques, l’École Régionale Saint-Basile et l’école élémentaire Sacré-Coeur de Grand-Sault ont fermé leurs portes pendant trois jours suite à des cas confirmés de COVID-19. Les élèves de ces établissements se sont-ils vus imposer trois journées de tempête? Pas du tout, répond Julie Poulin, porte-parole du District scolaire francophone Nord-Ouest, soulignant que le lien avec l’école a été maintenu autant que possible.

«Le personnel enseignant garde le contact avec ses élèves et soutient leur apprentissage à la maison par divers moyens. Ce peut être au moyen de l’enseignement en ligne, de l’utilisation de matériel préalablement prévu pour ce genre de situation ou autres.»

La zone 4, qui comprend la région d’Edmundston, a basculé en phase rouge dans la nuit de dimanche à lundi. À cette occasion, le gouvernement provincial a décidé que, contrairement au printemps, les écoles en phase rouge demeureront ouvertes.

De nombreux parents s’en sont inquiétés et ont choisi de ne pas envoyer leurs enfants à l’école, si bien que lundi, mardi et mercredi, environ le quart des élèves du district étaient absents, toutes raisons confondues.

«Un parent qui décide de retirer son enfant de l’école même si celle-ci est ouverte et que l’élève n’est pas immunodéprimé, n’éprouve aucun symptôme de COVID-19 et qu’il n’a pas reçu la consigne de s’auto-isoler de la part de la Santé publique, devient le premier responsable de la scolarisation de celui-ci, rappelle Mme Poulin. Le personnel enseignant n’est pas tenu de soutenir l’apprentissage de l’enfant. Toutefois, il est possible qu’il puisse le faire. Toute forme d’appui à la famille est encouragée et appréciée, mais ce n’est pas obligatoire.»

Ne pas revivre les ratés du printemps

Les deux autres districts scolaires francophones n’ont eu à gérer aucun cas de transmission dans leurs écoles depuis le début de la pandémie. Pour autant, le personnel enseignant s’est préparé à l’éventualité d’un enseignement en mode virtuel.

«Nous sommes définitivement plus prêts que nous l’étions l’année dernière», assure Mme Boudreau, la directrice générale du District scolaire francophone Sud.

«Avec le ministère, on a travaillé très fort sur la formation et l’accompagnement de notre personnel depuis le printemps dernier. Les enseignant(e)s ont eu le temps de monter les activités, les attentes sont beaucoup plus claires, on ne se retrouvera pas dans la même situation. L’apprentissage se continuera à distance, il y aura des temps de contact entre les enseignants et les parents, des sessions virtuelles, des cours d’éducation physique et musique à distance.»

Le programme serait allégé et les sessions virtuelles limitées à de courtes durées. La transition risque d’être plus compliquée pour des élèves de maternelle à la 2e année, reconnaît Mme Boudreau.

«Les plus jeunes ne sont pas capables de suivre une classe virtuelle trop longtemps. Pour certains groupes d’âge, on privilégie des activités sur tablette, on a aussi préparé beaucoup de trousses pédagogiques qui impliquent le papier et les crayons.»

Une liste de distribution de bornes d’accès à internet portatives pour les élèves qui n’ont pas accès à internet est également prête. Une bonne partie des familles ont également été invitées à se familiariser avec la plateforme Teams.

«Nous avions tout mis en place. Avant dimanche, on pensait basculer vers la phase rouge et l’enseignement virtuel», note la directrice du District scolaire francophone Sud.

Du côté de l’association francophone des parents du Nouveau-Brunswick, on se dit rassuré par le degré de préparation du système scolaire. L’an dernier, l’apprentissage scolaire passait notamment par la plateforme «Je m’éduque.ca», un répertoire de ressources qui avait été mis à la disposition des parents sans véritables directives et attentes.

«Le site a été bonifié et les parents seront davantage guidés vers telle ou telle activité. Des parents nous ont dit que certains enseignants ont livré des cartables d’exercice», mentionne la directrice, Chantal Varin.

Elle espère que cette fois les parents pourront compter sur des employeurs conciliants et un encadrement éducatif plus présent.

«Le printemps dernier nous l’a rappelé, nous ne sommes pas des enseignants!»