COVID: retour à la «normale» lundi dans les écoles du Restigouche

Si tout va bien, le retour en salle de classe se fera lundi pour l’ensemble des élèves des écoles francophones du Restigouche ayant été touché par la présence de cas positifs à la COVID-19.

La semaine dernière, le District scolaire francophone Nord-Est était sous les feux de la rampe en raison du virus. Aujourd’hui, la situation s’est grandement améliorée alors que tous les regards sont maintenant tournés vers les écoles du Sud et du Nord-Ouest.

En tout, cinq cas ont été décelés dans quatre des cinq écoles restigouchoises du DSF-NE quelques jours à peine après le retour en classe suivant le congé des Fêtes. Du coup, les élèves de la 10e année de la Polyvalente Roland-Pépin de Campbellton ont été forcés de faire l’école à la maison uniquement. Un cas a aussi été décelé chez sa voisine, l’école primaire Galion des Appalaches, mais aucune mesure n’a toutefois été imposée aux autres élèves de cet établissement.

À Dalhousie, l’ensemble de l’école Aux quatre vents de Dalhousie ainsi que les groupes de la 5e à la 8e année de l’école Académie Notre-Dame (aussi de Dalhousie) ont dû faire l’apprentissage à la maison. À l’école primaire, la décision fut grandement motivée par le fait que le nombre de suppléants nécessaires allait surpasser le nombre d’enseignants.

La période de retrait préventif de la grande majorité du personnel devant prendre fin ce vendredi, cela signifie que l’école devrait regagner son rythme normal lundi.

«La situation est plutôt stable dans la région depuis une semaine. Si rien ne change, qu’il n’y a pas de cas additionnels d’annoncés et qui sont associés à nos écoles, on devrait pouvoir garantir la reprise de l’enseignement en présentiel pour tous les groupes touchés», confirme le directeur général du DSF-NE, Marc Pelletier.

Somme toute, le directeur général estime que ce chambardement s’est quand même bien passé, peut-être en raison de l’expérience acquise dans la région lors des éclosions précédentes.

«Ç’a été plus simple qu’en octobre dernier. Nous avons été en mesure de déployer nos plans beaucoup plus rapidement et efficacement. On savait ce qu’on avait à faire. C’est certain qu’on préférerait avoir tous nos jeunes à l’école, mais dans les circonstances on est satisfait du déroulement de la réponse des jeunes et de nos équipes», ajoute-t-il.

Enseignants à domicile

Les enseignants qui sont mis en isolement préventif après un diagnostic de COVID-19 ou en raison d’un contact avec une personne atteinte ne se retrouvent pas nécessairement en «congé» à la maison pendant deux semaines. À moins que ceux-ci n’aient de forts symptômes grippaux, ils doivent se montrer disponibles pour enseigner à leur groupe à distance, par voie virtuelle.

«Tout dépend en fait de l’état de santé de la personne», indique M. Pelletier.

Ainsi, si un enseignant a des symptômes et qu’il est malade, on lui demande bien évidemment de se mettre en congé de maladie, au même titre que s’il avait contracté une grippe saisonnière, une gastro ou tout autre virus. Mais s’il n’a pas de symptôme ou qu’il ne s’agit que d’une demande de s’isoler par mesure de précaution, en théorie celui-ci est disponible à travailler.

Du coup, un enseignant peut enseigner de chez lui aux élèves à la maison, mais aussi se connecter à sa classe physique à l’école, mais seulement si un suppléant est présent aussi en classe. Car il faut en effet un surveillant en classe malgré tout.

La semaine dernière, l’école Saint-Jacques, l’École Régionale Saint-Basile et l’école élémentaire Sacré-Coeur de Grand-Sault ont fermé leurs portes pendant trois jours suite à des cas confirmés de COVID-19. Les élèves de ces établissements se sont-ils vus imposer trois journées de tempête? Pas du tout, répond Julie Poulin, porte-parole du District scolaire francophone Nord-Ouest, soulignant que le lien avec l’école a été maintenu autant que possible.

«Le personnel enseignant garde le contact avec ses élèves et soutient leur apprentissage à la maison par divers moyens. Ce peut être au moyen de l’enseignement en ligne, de l’utilisation de matériel préalablement prévu pour ce genre de situation ou autres.»

La zone 4, qui comprend la région d’Edmundston, a basculé en phase rouge. À cette occasion, le gouvernement provincial a décidé que, contrairement au printemps, les écoles en phase rouge demeureront ouvertes.

De nombreux parents s’en sont inquiétés et ont choisi de ne pas envoyer leurs enfants à l’école, si bien que lundi, mardi et mercredi, environ le quart des élèves du district étaient absents, toutes raisons confondues.

«Un parent qui décide de retirer son enfant de l’école même si celle-ci est ouverte et que l’élève n’est pas immunodéprimé, n’éprouve aucun symptôme de COVID-19 et qu’il n’a pas reçu la consigne de s’auto-isoler de la part de la Santé publique, devient le premier responsable de la scolarisation de celui-ci, rappelle Mme Poulin. Le personnel enseignant n’est pas tenu de soutenir l’apprentissage de l’enfant. Toutefois, il est possible qu’il puisse le faire. Toute forme d’appui à la famille est encouragée et appréciée, mais ce n’est pas obligatoire.»

Ne pas revivre les ratés du printemps

Les deux autres districts scolaires francophones n’ont eu à gérer aucun cas de transmission dans leurs écoles depuis le début de la pandémie. Pour autant, le personnel enseignant s’est préparé à l’éventualité d’un enseignement en mode virtuel.

«Nous sommes définitivement plus prêts que nous l’étions l’année dernière», assure Mme Boudreau, la directrice générale du District scolaire francophone Sud.

«Avec le ministère, on a travaillé très fort sur la formation et l’accompagnement de notre personnel depuis le printemps dernier. Les enseignant(e)s ont eu le temps de monter les activités, les attentes sont beaucoup plus claires, on ne se retrouvera pas dans la même situation. L’apprentissage se continuera à distance, il y aura des temps de contact entre les enseignants et les parents, des sessions virtuelles, des cours d’éducation physique et musique à distance.»

Le programme serait allégé et les sessions virtuelles limitées à de courtes durées. La transition risque d’être plus compliquée pour des élèves de maternelle à la 2e année, reconnaît Mme Boudreau.

«Les plus jeunes ne sont pas capables de suivre une classe virtuelle trop longtemps. Pour certains groupes d’âge, on privilégie des activités sur tablette, on a aussi préparé beaucoup de trousses pédagogiques qui impliquent le papier et les crayons.»

Une liste de distribution de bornes d’accès à internet portatives pour les élèves qui n’ont pas accès à internet est également prête. Une bonne partie des familles ont également été invitées à se familiariser avec la plateforme Teams.

Aide disponible

Aux prises avec des éclosions dans ses écoles du Restigouche, le DSF-NE a lancé un appel aux autres régions qu’il dessert afin d’aider au manque de suppléance, allant même jusqu’à proposer certains incitatifs financiers intéressants.

La pénurie actuelle dans ce domaine a ainsi joué un tour au district qui s’est vu dans l’obligation de renvoyer plusieurs élèves à la maison au cours des deux dernières semaines, faute de main-d’œuvre plus que par crainte de contamination.

Quelques suppléants ont répondu positivement à l’invitation. Maintenant que la situation se rétablit peu à peu, elle se corse dans les districts voisins du Sud et du Nord-Ouest. À cet effet, le directeur général du DSF-NE souligne avoir proposé son aide à ses confrères.

«La situation n’est pas simple dans ces deux districts, mais les directions m’assurent pour le moment qu’elles parviennent à la maîtriser. Elles savent par contre que si elles ont besoin de soutien, on est là avec nos ressources, y compris nos techniciens et pour la technopédagogie», indique M. Pelletier.

  • Avec la participation du journaliste Simon Delattre.