Le Parti libéral demande au gouvernement de Blaine Higgs de reporter les consultations publiques sur la réforme de la santé pour laisser toute la place à la lutte contre la pandémie.

«Comment pouvons-nous envisager de tenir ce qui devrait être l’une des plus importantes consultations publiques alors que nous sommes confrontés à cette situation?», avance le chef intérimaire du parti, Roger Melanson, dans un communiqué de presse.

Les travailleurs de la santé ne devraient pas avoir à se préoccuper d’une réforme alors que le nombre de cas actifs de la COVID-19 atteint des sommets au Nouveau-Brunswick, affirme-t-il.

«Contenir la propagation du virus et assurer la sécurité des Néo-Brunswickois et Néo- Brunswickoises devrait être notre priorité en ce moment.»

Le ministère de la Santé a annoncé mardi son intention d’organiser des séances de consultation virtuelle dans une douzaine de communautés, sans préciser quand elles auront lieu.

Fredericton a dévoilé du même coup un document de réflexion sur l’avenir du système de santé.

Roger Melanson accuse le gouvernement de vouloir mener ces consultations à la hâte.

«Le premier ministre est connu pour opérer en secret, et maintenant il veut que les consultations soient menées en deux mois à peine, et ce, au milieu d’une pandémie. La population est sceptique face à ces consultations, et ça se comprend», avance M. Melanson.

Archives. Le chef de l’opposition officielle, Roger Melanson.

Ces consultations avaient été promises par le premier ministre Higgs en février à la suite de la réforme avortée des petits hôpitaux ruraux.

Fredericton voulait alors fermer les urgences des hôpitaux de Caraquet, Sainte-Anne-de-Kent, Sackville, Sussex, Perth-Andover et Grand-Sault durant la nuit.

Le plan du gouvernement prévoyait aussi la transformation des lits de soins aigus de ces hôpitaux en lit de soins de longue durée pour les personnes âgées.

Devant le tollé général, M. Higgs a renoncé à cette réforme une semaine après l’avoir annoncée, promettant plutôt de consulter la population.

«J’appelle le premier ministre et la ministre à reporter ces consultations jusqu’à ce que la menace à la santé publique posée par la COVID-19 soit considérablement réduite», indique le chef de l’opposition officielle.

Les consultations auront lieu dans les six communautés visées par la réforme de l’an dernier ainsi qu’à six autres endroits.

En entrevue téléphonique, la ministre de la Santé affirme que le nom de ces communautés et les dates des séances de consultation seront annoncés très bientôt.

Dorothy Shephard assure que le gouvernement fera preuve de flexibilité avec l’horaire pour éviter de surcharger les communautés qui luttent contre la COVID-19.

«Je veux être sûre que les professionnels de la santé à qui nous voulons parler dans les communautés sont dans un bon état d’esprit pour le faire. Je veux être sûre que les municipalités sont dans un bon état d’esprit pour le faire», promet Mme Shephard.

Archives. La ministre Dorothy Shephard.

Les citoyens devront s’inscrire à l’avance pour participer aux séances de consultation virtuelle, mais tous ceux qui le feront devraient avoir une place, indique la ministre.

Les médias pourront assister aux séances et un rapport sur le contenu des consultations sera rendu public par la suite.

Vingt-six groupes d’intervenants seront aussi consultés en parallèle par le ministère

La population peut déjà faire part de ses commentaires sur la réforme du système de santé en envoyant un courriel au ministère.

«Nous allons écouter les  pensées, les inquiétudes, les craintes et les espoirs et c’est ainsi que nous allons commencer à réfléchir à la manière de fournir des soins de santé fiables dans notre province», résume Dorothy Shephard.

La ministre aimerait que les consultations soient terminées à la fin mars, mais elle n’exclut pas la possibilité de prolonger l’échéance si la pandémie l’oblige à repousser des séances.

Contrairement à Roger Melanson, le chef du Parti vert, David Coon, estime que le moment est assez bien choisi pour consulter la population sur le système de santé.

«Avec la pandémie, les défis du système sont plus clairs. C’est un système très fragile. C’est donc urgent de donner la chance aux gens du Nouveau-Brunswick de partager leurs idées pour l’améliorer. C’est important de lancer la discussion maintenant.»

M. Coon se dit cependant déçu par le document de réflexion du gouvernement intitulé «Agir en faveur de soins de santé publique fiables».

À son avis, le document est trop large et trop vague pour contribuer à encadrer une discussion véritablement productive.

«Ça prend des propositions concrètes, pas seulement du texte sur les enjeux et sur ce qui existe maintenant et quelques questions. C’est un peu bizarre.»

Il assure toutefois que les gens du Nouveau-Brunswick «ont beaucoup d’opinions et d’idées sur l’avenir des soins de santé».

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