Tests obligatoires à la frontière: une annonce précipitée, selon l’industrie du camionnage

La décision du gouvernement du Nouveau-Brunswick d’imposer aux gens qui entrent dans la province un test de dépistage négatif à la COVID-19 sème la confusion, depuis son annonce, au sein de l’industrie du camionnage.

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick vient de s’embarquer dans toute une aventure. S’il faut tester tous les camionneurs qui entrent dans la province, cela ne sera pas sans causer plusieurs désagréments aux frontières et même possiblement occasionner des délais de livraison.

C’est en somme la lecture de la situation effectuée par Jean-Marc Picard, directeur général de l’Association du camionnage des provinces de l’Atlantique, à propos de la mesure annoncée concernant la nouvelle consigne de dépistage obligatoire.

Celui-ci l’avoue, l’annonce de vendredi dernier par Fredericton a surpris ses membres.

«Le gouvernement n’aurait pas dû faire cette annonce à ce moment-là, car il n’était tout simplement pas prêt. On a parlé avec des représentants de la province et il ne semble pas y avoir de plan en place. C’est très vague», soutient-il.

Selon lui, le lot de conséquences qui vient avec ce type d’annonce est passablement élevé, de là l’importance de ne pas les faire à la légère et de bien consulter les différents joueurs sur lesquels la mesure aura une incidence directe. C’est le cas, selon lui, des camionneurs qui doivent franchir la frontière tous les jours.

«Pour le moment, tout ce que ça a fait c’est de faire paniquer nos chauffeurs. On reçoit des appels de partout de camionneurs inquiets qui se demandent s’ils doivent passer un test, s’ils peuvent aller faire leur livraison à l’extérieur sans craindre de se mettre en quarantaine à leur retour. Et honnêtement, on ne sait pas trop quoi leur dire», souligne M. Picard.

Du coup, le directeur général n’a donné aucune consigne spécifique à ses membres.

«On attend des directives plus claires de Fredericton. D’ici là, on leur dit de continuer de travailler comme à l’habitude jusqu’à avis contraire, que personne ne se fera arrêter parce qu’ils n’ont pas eu de test de dépistage», ajoute-t-il.

Il révèle avoir été contacté par la province afin de trouver des approches pour implanter cette mesure dans l’industrie sans que celle-ci ait des conséquences trop néfastes, tant en ce qui concerne les camionneurs que pour les temps d’attente aux frontières.

Pas plus difficile

M. Picard souligne que les mesures plus strictes adoptées depuis quelques semaines à l’intérieur d’autres juridictions – par exemple le Québec qui est en phase de rétablissement rouge et qui a même imposé un couvre-feu – ne semblent pas avoir d’impacts négatifs sur ses membres.

«Puisque nous sommes un service qualifié d’essentiel, cela a très peu d’impact sur nous. On ne m’a pas rapporté que c’était beaucoup plus difficile qu’auparavant de circuler au travers le pays. Il se peut qu’il y ait plus de restaurants fermés le long des routes, mais dans l’ensemble ça ne semble pas être un problème majeur rencontré par nos camionneurs», dit-il.

Dépistages accrus en prévision

En raison de la nouvelle consigne néo-brunswickoise en lien avec le dépistage aux frontières, le Centre intégré de santé et de services sociaux de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine confirme avoir constaté une hausse de l’affluence à son centre de dépistage mobile à Pointe-à-la-Croix au cours des derniers jours.

Du côté néo-brunswickois, le dépistage se fait pour le moment à partir du Centre de santé communautaire St-Joseph de Dalhousie au Restigouche. Le réseau jongle toutefois avec l’idée de doter l’Hôpital de Campbellton de la capacité d’effectuer aussi des tests.

«Rien n’est toutefois encore coulé dans le béton. On est encore en discussion avec le ministère de la Santé sur la façon dont les choses vont fonctionner. On attend des directives», souligne un porte-parole du Réseau de santé Vitalité.