Le golfe du Saint-Laurent se réchauffe. À moyen terme, cette situation risque d’avoir un impact sur le secteur de la pêche en Acadie, y compris sur la lucrative pêche aux crabes des neiges, dont la valeur des exportations a atteint 280 millions $ au Canada Atlantique, selon les plus récentes données.

L’Acadie Nouvelle a voulu connaître plus à fond les impacts des changements climatiques sur cette ressource.

Bien que la pandémie de la COVID-19 perdure, la météo clémente des dernières semaines permet de remonter le moral de certains. Cependant, cet adoucissement du climat n’est pas sans conséquence.

L’absence de glace dans le golfe du Saint-Laurent signifie que la mer est à la merci des fortes rafales de vent qui mélangent les eaux de surface avec les eaux des couches intermédiaires, plus froides en général, indique Dominique Robert, professeur en océanographie à l’Institut des sciences de la mer, à Rimouski, au Québec.

Les crabes au stade juvénile résident dans les eaux de la couche intermédiaire dont les températures varient entre 0 et 2 degrés Celsius. Avec l’absence de glace en hiver, les eaux de surface qui se mélangent sont généralement plus chaudes.

«La couche intermédiaire froide est en quelque sorte formée par la fonte des glaces au printemps. Cette couche commence à environ 40-45 mètres de profondeur et elle est la bonne température pour l’habitat du crabe. Les crabes au stade juvénile ont besoin d’une eau qui varie de 0 à 2 degrés Celsius. Ça ne doit pas être beaucoup plus élevé, car le taux de mortalité commence à augmenter», dit Dominique Robert.

En conséquence, la zone d’habitat du crabe des neiges risque de diminuer dans le sud du golfe du Saint-Laurent.

«Ce qui va se passer, quand la couche intermédiaire sera plus mince et qu’elle commencera plus profondément, à environ 75 mètres de profondeur, on peut s’attendre que ces eaux demeureront des bons fonds de pêche, mais les premiers changements arriveront dans les zones les moins profondes.»

Des données satellites pour protéger les baleines noires

La présence des baleines noires dans les eaux du golfe du Saint-Laurent est une source de préoccupation pour les crabiers acadiens. Depuis quelques années, ils se conforment à des règlements visant à protéger le mammifère marin en voie de disparition. Il en resterait moins de 400 dans le monde.

Cette année, le gouvernement du Canada se tournera vers le secteur spatial pour obtenir des données qui pourraient servir à protéger davantage les baleines noires. Il injecte 5,3 millions $ dans le programme baleinIdées, lancé par l’Agence spatiale canadienne, en soutenant cinq entreprises qui développent des solutions pour détecter et surveiller la présence de baleines noires dans les eaux.

Au cours des trois prochaines années, les cinq projets sélectionnés mobiliseront plus de 80 personnes hautement qualifiées.

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