La ministre des Affaires autochtones réitère sa volonté de lutter contre le racisme systémique dans la foulée de la décision de la Couronne de ne pas porter d’accusation contre le policier qui a abattu Rodney Levi.

Arlene Dunn a rompu son silence, jeudi, deux jours après l’annonce des Services des poursuites publiques du Cabinet du procureur général.

Dans une déclaration envoyée par courriel, Mme Dunn commence par s’adresser à la mère de M. Levi ainsi qu’à ses proches.

«En tant que mère, j’ai le cœur brisé d’apprendre les détails de sa mort», confie-t-elle.

M. Levi, un autochtone de la Première Nation de Metepenagiag, près de Miramichi, a été abattu par la GRC le 12 juin 2020

Les policiers répondaient à un appel concernant des troubles dans une résidence privée de Sunny Corner.

Les procureurs ont décidé de ne pas porter d’accusation contre les policiers, à la suite d’une enquête menée par le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) du Québec. Les enquêteurs ont déterminé que les policiers ont cru que M. Levi représentait une menace.

«Bien que les derniers événements qui ont conduit à sa mort n’aient peut-être pas eu de motivation raciale, les systèmes sociaux avec lesquels il aurait été en contact l’ont laissé tomber», avance Arlene Dunn.

«Ces systèmes sont brisés. Les personnes qui travaillent dans ces systèmes, et non les victimes, ont la responsabilité de les réparer. Le gouvernement – et cela inclut tous les partis politiques et tous les ministères – doit travailler ensemble pour obtenir des résultats optimaux pour les Premières nations.»

Une enquête du coroner sur le décès de Rodney Levi doit débuter le 4 octobre.

«J’espère en apprendre davantage grâce à l’enquête du coroner, en particulier des recommandations sur la manière dont nous pouvons éviter des tragédies similaires à l’avenir», affirme Mme Dunn.

Moins de deux semaines avant la mort de Rodney Levi, une autre autochtone a été tuée par balle par un membre de la Force policière d’Edmundston lors d’une visite pour vérifier son état de santé.

Le BEI a transmis son rapport sur les circonstances de la mort de Chantel Moore aux Services des poursuites publiques du Nouveau-Brunswick en décembre. La Couronne n’a pas encore annoncé si des accusations seront portées dans cette affaire.

Depuis ces deux tragédies, les Premières Nations du Nouveau-Brunswick réclament une enquête publique sur le racisme systémique contre les autochtones au sein du système de justice et de la police.

Le premier ministre Blaine Higgs refuse catégoriquement d’accéder à leur demande.

Arlene Dunn réitère toutefois dans sa déclaration sa volonté de trouver un autre moyen de s’attaquer au racisme systémique.

«En tant que ministre des Affaires autochtones, je m’engage à soutenir une plus grande autodétermination des Premières Nations. Je milite pour qu’elles aient accès aux méthodes de guérison traditionnelles, aux pratiques et aux ressources qu’elles jugent importantes pour éviter de nouvelles pertes traumatiques.»

La relation entre la ministre et les membres des Premières Nations est loin d’être au beau fixe.

Plusieurs chefs autochtones ont réclamé sa démission après qu’elle et son parti aient voté contre une motion du Parti libéral pour la tenue d’une enquête publique sur le racisme systémique.

Mme Dunn a annoncé en décembre la création du Groupe de travail pour examiner les enjeux relevés dans le rapport de la Commission de vérité et réconciliation.

Selon un communiqué publié à ce sujet, le groupe de travail doit permettre au gouvernement «de mieux comprendre les priorités des Premières Nations et de veiller à ce que l’élaboration de ces initiatives fasse l’objet d’une collaboration.»

Plusieurs membres autochtones du groupe de travail ont cependant remis leur démission à la ministre à la suite de son opposition à la motion du Parti libéral.

Mme Dunn compte aller de l’avant même si l’avenir du groupe de travail semble incertain.

«Je reste ferme dans ma détermination à mettre en œuvre les appels à l’action recommandés par la Commission de la vérité et de la réconciliation et je continue également à travailler à l’élaboration de la voie à suivre pour lutter contre le racisme systémique au Nouveau-Brunswick.»

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