Le militant acadien Jackie Vautour, qui a résisté à l’expropriation de Kouchibouguac jusqu’à la fin, est décédé des suites d’un cancer du foie et d’une pneumonie dimanche soir.

M. Vautour, âgé de 91 ans, s’est fait connaître au niveau national pour avoir tenu tête aux autorités lors de l’expropriation qui a mené à la création du Parc national Kouchibouguac à la fin des années 1970.

Après avoir été expulsé de l’endroit, il y est retourné pour installer une demeure dans le parc, sans autorisation, et il y habitait depuis ce temps-là avec son épouse Yvonne Vautour.

À la fin de la semaine dernière, il a toutefois quitté son logis pour la dernière fois à bord d’une ambulance.

«Il est tombé malade, il a développé un cancer, et il a attrapé une pneumonie», explique son fils Edmond Vautour.

L’homme avait la santé fragile depuis un certain temps. Il a été hospitalisé il y a six mois pour un cancer à l’estomac. Malgré la radiothérapie, le cancer s’est propagé au foie.

Selon Edmond Vautour, son père s’éteignait lentement pendant ses derniers jours.

«Il ne lui reste que quelques heures. Il s’en va vraiment vite», a dit Vautour fils, la voix brisée, dimanche après-midi.

Quelques heures avant sa mort, un peu plus d’une cinquantaine de personnes étaient réunies devant l’Hôpital Stella-Maris de Sainte-Anne-de-Kent, pour une veillée à la chandelle afin de rendre hommage à l’homme.

«Mon père est parti pour un meilleur monde», a dit Edmond Vautour dimanche soir, après la cérémonie.

Jackie Vautour a refusé de quitter sa demeure pendant des années, et il a répété souvent qu’il allait continuer sa lutte jusqu’à son dernier souffle.

Edmond Vautour estime que sa mère, Yvonne Vautour, ne pourra pas habiter seule dans sa demeure à Kouchibouguac.

«Avec l’âge qu’ils ont, vivre là ces six derniers mois, c’était vraiment l’enfer. Tout le mal qu’il a vécu dans sa petite cabane, toute la souffrance qu’ils ont traversé (…) Personne ne devrait avoir à vivre ça», estime-t-il.

Il affirme qu’il a pu parler avec son père ces derniers jours pendant son séjour à l’hôpital.

«Je lui ai promis que j’allais continuer de tout faire pour obtenir justice pour toutes les familles expropriées. Ça ne sera plus pareil dans le coin», estime Edmond Vautour.

Jackie Vautour et les expropriés sont allés devant les tribunaux à plusieurs reprises pour croiser le fer avec les gouvernements.

Ils essaient notamment d’obtenir des titres ancestraux métis pour leur permettre de chasser et de pêcher dans le parc.

Tout récemment, ils ont essuyé un revers de taille. Un juge de la Cour du Banc de la Reine a radié Jackie Vautour et ces familles de leur requête, ne laissant que Stephen Augustine, chef héréditaire mi’kmaq du district de Sigenigteouk, comme unique demandeur.

Les expropriés ont fait appel de cette décision, mais ils ont été déboutés il y a quelques jours.

«Mon père veut que les familles continuent leur lutte. On est entre bonnes mains avec Stephen Augustine», dit Edmond Vautour.

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