Investissements de 400 000$ au camping municipal de Charlo

À l’aube de son 50e anniversaire, le camping Héron bleu de Charlo s’apprête à amorcer sa saison avec plusieurs nouveautés, résultat d’un investissement d’envergure de la municipalité et du secteur privé.

La municipalité de Charlo vient d’investir un montant de 200 000$ afin de moderniser le système électrique d’environ la moitié des sites. Le système actuel, dit-on, est vraiment désuet et ne correspond plus aux besoins des roulottes modernes.

«Elles ont beaucoup changé en cinquante ans, les nouvelles sont pratiquement des petites maisons sur roues. Elles ont toujours besoin de plus d’électricité. C’est pourquoi on se devait d’investir afin de rendre notre système plus fiable et en mesure de répondre à la demande», explique le maire de Charlo, Denis McIntyre.

Les poteaux et les transformateurs ont été installés il y a quelques semaines. Les branchements auront lieu ce printemps.

«Le système électrique était rendu problématique et les campeurs commençaient à demander quand on allait leur fournir un réseau plus fiable», relate pour sa part Guy Chiasson, gestionnaire de l’endroit, notant que tous les emplacements devraient être connectés au nouveau réseau d’ici environ cinq ans.

Outre l’investissement municipal, M. Chiasson a injecté un montant significatif de son propre portefeuille – là aussi 200 000$ – afin cette fois d’agrandir et d’améliorer les lieux.

Le camping comptera une vingtaine de terrains saisonniers supplémentaires, ce qui portera le nombre total à 130, sans oublier une quarantaine sites pour visiteurs (pour un total de 170 sites). Ces nouveaux emplacements ont d’ailleurs déjà tous trouvé preneurs.

Selon M. Chiasson, la liste d’attente est toujours élevée si bien qu’en plus de ces nouveaux emplacements, il songe à continuer d’agrandir au cours des prochaines années puisque l’espace le permet.

M. Chiasson investit également afin de rehausser sa gamme d’activités afin de plaire à la clientèle locale, mais aussi afin d’attirer davantage de touristes. Le promoteur compte ainsi doter son camping d’un parc à chien, d’un terrain de golf miniature (mini putt) ainsi que d’une piste de course pour véhicules téléguidés.

«On parle ici d’une piste pour les bolides de haut niveau. Il y a beaucoup d’amateurs de ce loisir et on espère aller en chercher avec un véritable terrain de jeu pour eux», indique-t-il, notant que lorsque les mesures sanitaires seront assouplies, on pourrait même assister à des courses plus professionnelles.

Pour ce qui est de la municipalité, celle-ci se dit très enthousiaste par les ajouts prévus au camping par son gestionnaire.

«On est bien content de voir la direction que prend l’opérateur de notre terrain. On veut que celui-ci devienne un endroit incontournable durant l’été, qu’il soit le camping familial du Restigouche. C’est bon pour nous, mais aussi pour tous les petits commerces du coin», exprime le maire McIntyre.

La date tentative d’ouverture est prévue pour le 28 mai.

Pari risqué

L’an dernier, le camping du Héron bleu a été frappé – comme plusieurs autres – de plein fouet par la pandémie. Il a notamment dû faire abstraction d’une bonne partie de sa clientèle de passage, clientèle surtout composée de Québécois.

«En temps normal, beaucoup de touristes du Québec se rendent dans les Maritimes ou font le tour de la Gaspésie, et beaucoup arrêtaient ici afin de couper le trajet. Ce sont ces touristes qui remplissent nos terrains la semaine et qui font la grosse différence sur nos revenus à la fin de la saison. Là, en raison de la situation aux frontières, ces touristes nous ont échappé l’an dernier et on l’a ressenti», concède M. Chiasson.

Celui-ci est conscient que cette situation pourrait d’ailleurs se reproduire à nouveau cet été. N’empêche, il n’a pas voulu repousser ses plans de développement.

«À moins d’une catastrophe, les terrains de camping seront ouverts cet été pour la population locale, donc en gros ça pourrait ressembler à la saison dernière. Ce n’est pas l’idéal, et terme de fréquentation et de revenus, mais c’est mieux que rien. On garde en tête que c’est difficile pour tout le monde», soutient-il.

Compte tenu de la volatilité de la situation de la COVID-19, est-ce un bon moment pour injecter autant d’argent dans une attraction touristique?

«Certains diront qu’on est un peu fous d’investir un tel montant dans un camping en pleine pandémie, et ils ont peut-être raison. Le pari est risqué, mais je crois qu’il en vaut la peine parce que lorsque nous aurons terminé, on va se retrouver avec des installations de première qualité qui vont faire l’envie de plusieurs», exprime le promoteur.