COVID-19: moins de cas, mais une situation toujours précaire

Après l’annonce de 12 nouveaux cas de la COVID-19 mercredi, les citoyens de la zone 4 (Edmundston) ont pu pousser un soupir de soulagement jeudi alors que la Santé publique n’a déclaré qu’un seul nouveau cas.

Le nombre de cas quotidien de COVID-19 grimpe et descend depuis quelques jours dans cette zone sanitaire empêtrée dans une éclosion qui ne semble plus finir.

Reste que de façon générale, la région remonte la pente tranquillement, les cas actifs y étant en diminution. Si la situation peut sembler encourageante, elle continue néanmoins d’inquiéter la médecin-hygiéniste en chef de la province, la Dre Jennifer Russell.

«On a encore des éclosions actives dans des foyers de soins, on vient de déceler des cas dans une scierie du groupe Irving, et il y a un cas dans une garderie. On a encore du travail à faire», confie Mme Russell.

Si la zone 4 est toujours source d’inquiétudes, les choses évoluent plus positivement ailleurs dans la province. Le nombre de cas actifs de la COVID-19 a chuté pour atteindre 175, soit quatorze de moins que la veille (mercredi).

Parmi les cas actifs, 120 se trouvent dans la zone 4 (Edmundston), 27 dans la zone 1 (Moncton), 8 dans la zone 3 (Fredericton), quatre dans la zone 2 (Saint-Jean) et deux dans la zone 6 (Chaleur-Péninsule).

«Le fait que le nombre total de cas actifs soit à la baisse est très encourageant, mais il faut baisser aussi le nombre de nouveaux cas quotidiens. Si on pouvait diminuer cela à trois ou quatre maximum pendant quelques jours consécutifs, ça serait beaucoup plus rassurant», souligne Dre Russell.

Frappée plus souvent à son tour par des éclosions depuis le début de la pandémie, la zone 5 (Campbellton) se retrouve depuis mercredi sans cas actif de COVID-19. Idem pour la zone 7 (Miramichi) qui a atteint ce plateau jeudi. Selon Mme Russell, malgré cette bonne performance – et celle des zones sanitaires avoisinantes –, il ne faut pas s’attendre à des allègements pour l’instant.

«On sait que c’est difficile pour tout le monde de demeurer en phase orange. Notre grande inquiétude, c’est quand et comment les variants de la COVID-19 vont frapper dans la province. Car on a déjà des défis à gérer des éclosions de COVID-19 conventionnelle», indique-t-elle.

Vaccination

Jennifer Russell note que l’inquiétude touche surtout les personnes âgées en foyer de soins, clientèle la plus vulnérable responsable de la majorité des cas d’hospitalisation et de décès.

La Santé publique maintient le cap de ce côté, soit celui de vacciner les personnes en foyer de soins d’ici le printemps. La grande variable à ce chapitre est l’approvisionnement en vaccin.

«L’accès aux vaccins demeure notre grand défi. En attendant de pouvoir vacciner tous nos foyers de soins, notre approche est celle de la prudence, surtout en raison de la présence désormais des variants», estime Mme Russell.

Il faut oublier pour le moment l’idée d’ouvrir grandes les portes des foyers de soins aux familles.

«La vaccination des résidents va diminuer le risque des résidents de contracter la COVID-19 ainsi que de contracter des maladies sévères, et même de décéder. Mais il existe toujours un risque de transmission, et le variant entre en ligne de compte. On doit être vraiment vigilant. C’est une population très vulnérable et on veut la protéger», souligne-t-elle.

La médecin-hygiéniste en chef dit être en attente de voir les effets et bénéfices de la vaccination dans les foyers de soins ailleurs au pays avant de songer à être plus permissive avec les protocoles dans ces établissements. Cela pourrait prendre plusieurs mois.

En somme, la vaccination constitue pour le moment un outil de plus dans la lutte contre la COVID-19, mais ne peut être considérée comme un remède infaillible.

Mesures frontalières en attente

Bien qu’ayant été annoncée il y a trois semaines, l’exigence du dépistage pour les voyageurs qui traversent les frontières provinciales et fédérales n’est pas encore entrée en vigueur partout.

Selon la Santé publique, les discussions sont en cours avec plusieurs partenaires afin de déterminer la meilleure façon de procéder pour gérer le dépistage hebdomadaire aux passages frontaliers de la province. Pour le moment, on mise davantage sur l’éducation et la sensibilisation.

«Les voyageurs seront prévenus avant l’entrée en vigueur des nouvelles exigences de dépistage», assure-t-on, question de ne prendre personne au dépourvu.

Aux postes frontaliers, les agents de la paix seront autorisés à demander la preuve d’un rendez-vous pour subir un test ou une preuve de test, mais non le résultat. Les représentants de Santé publique auront le rôle d’assurer un suivi régulier à ce chapitre.

En raison du risque toujours présent de transmission et l’arrivée au pays de variants du virus, la Santé publique n’envisage pas pour le moment d’exempter de l’exigence de dépistage pour les personnes qui auraient été vaccinées contre la COVID-19.

«On doit attendre d’avoir plus de recherches à savoir si la vaccination permettra d’atteindre le niveau de sécurité voulu. L’objectif avec les vaccins est de nous permettre de ravoir une vie plus normale. Mais à ce moment-ci, c’est trop tôt pour évaluer les impacts», juge la Dre Jennifer Russell.

Toujours en lien avec le dépistage aux frontières, il faudra être patient – du moins du côté néo-brunswickois – pour se faire tester par une autre méthode que par voie nasale avec écouvillon (échantillon naso-pharyngé). Il existe en effet d’autres méthodes de dépistages moins désagréables, dont une à l’aide de rince-bouche (gargarisme) et une autre à l’aide de prélèvement dans la gorge (échantillon oropharyngé).

«Le test le plus fiable jusqu’ici demeure le nasopharynx. On discute toutefois de la possibilité de proposer les autres tests également. On pourrait voir des changements ce côté éventuellement», croit la Dre Russell.