Le vent d’opposition au parc éolien communautaire Chaleur Ventus proposé à Anse-Bleue pourrait de nouveau gagner en intensité. Des citoyens du district de services locaux sont inquiets que le promoteur Naveco Power poursuive ses démarches dans la région, alors qu’il avait évoqué le désir de le déménager ailleurs dans la province.

Des citoyens de la région d’Anse-Bleue et des communautés avoisinantes ont récemment été approchés par Daniel Brassard, le représentant local de Naveco Power, dit Patrick Thériault, l’un des porte-parole du mouvement de contestation.

L’automne dernier, Amit Virmani, PDG de Naveco Power, basé à Fredericton, s’était dit ouvert à déménager le projet Chaleur Ventus ailleurs dans la province étant donné la mobilisation de la population locale, à condition d’obtenir la permission du gouvernement provincial

«Je ne sais pas ce qui s’est passé. Peut-être qu’ils se sont fait dire non. J’imagine que leur seule option est de s’installer à Anse-Bleue, sinon c’est fini pour eux. Si c’est le cas, ils ne vont pas lâcher le morceau», affirme Patrick Thériault.

L’Acadie Nouvelle a joint Naveco Power jeudi. À la demande d’Énergie NB, Amit Virmani ne pouvait donner plus de détails sur l’état actuel des choses.

«Nous avons une entente avec Chaleur Ventus et l’entente contient des clauses confidentielles. Les discussions se poursuivent, mais il n’y a rien de nouveau à discuter pour le moment», a dit pour sa part Marc Belliveau, porte-parole chez Énergie NB.

D’ailleurs, l’examen de l’étude d’impact sur l’environnement pour le projet Chaleur Ventus est toujours en cours. Aucune décision ne sera prise concernant ce projet tant que les questions soulevées par le comité d’examen technique n’auront pas été abordées, précise Vicky Lutes, porte-parole au ministère de l’Environnement et des Gouvernements locaux.

Mode action

Le mouvement d’opposition à Anse-Bleue a toujours été en contact, mais les discussions se sont intensifiées dernièrement, fait savoir Patrick Thériault.

«Nous sommes en mode action. On communique régulièrement ensemble et on se tient au courant des développements. On veut trouver une solution pour mettre fin à ça.»

Les opposants ont souvent accusé Daniel Brassard et Naveco Power de manquer de transparence. Ils ont l’impression que c’est encore le cas. La proximité des éoliennes aux résidences figure parmi les inquiétudes majeures, ainsi que l’impact des éoliennes sur la nature et la santé.

«Il a toujours utilisé les mêmes techniques et c’est pour ça qu’il y a tant de résistance. C’est simple, il y a des endroits où mettre des éoliennes. Nous, on dit simplement qu’on ne peut pas les mettre n’importe où. C’est comme si tout le littoral acadien devait se transformer en parc éolien. Je ne comprends pas pourquoi nous sommes obligés de nous battre contre cette agression de la part de grosses compagnies.»

Les résidents d’Anse-Bleue et des communautés environnantes sont soutenus par Isabelle Thériault, députée provinciale de Caraquet.

«Le projet a été drôlement monté et il n’a pas l’acceptabilité sociale. Pour aller de l’avant, ça prend la participation d’une entité locale et à ma connaissance aucune entité locale ne fait encore partie du projet, donc je ne peux pas voir comme ça va de l’avant.»

La députée Thériault rappelle également les préoccupations avancées par la direction Village historique acadien qui a déjà affirmé qu’elle ne donnerait pas son appui au projet si l’on pouvait apercevoir les éoliennes à partir du site touristique.

Mme Thériault entend aborder la question des éoliennes avec les ministres du gouvernement Higgs vendredi à Fredericton.

«Je veux être la voix de la population d’ici et transmettre le désaccord des gens d’Anse-Bleue et des environs. Je vais m’assurer de remettre aux ministres, tout le dossier qui a été monté dans la communauté, qui comprend l’appui des municipalités avoisinantes et de leur faire comprendre que c’est un projet qui ne peut aller de l’avant pour plusieurs raisons. Il ne rencontre pas les critères et il n’a jamais eu l’acceptabilité sociale. Si on peut déplacer le projet vers un autre endroit et cet endroit est d’accord, j’aiderais de la manière que je peux. Mais peu importe où les éoliennes seront installées, le projet doit avoir l’acceptabilité sociale.»

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