L’heure n’est pas propice à des discussions sur l’avenir du système de santé, estiment plusieurs acteurs de la société civile acadienne, qui demandent au gouvernement provincial de repenser le processus.

Le public est invité à se prononcer sur les changements nécessaires lors de 15 rencontres virtuelles organisées par la province. Ces réunions se tiendront sur la plateforme Zoom du 4 mars au 27 avril.

En parallèle, la ministre Shephard a entrepris de rencontrer 27 groupes à travers le Nouveau-Brunswick.

Alors que l’exercice de consultations est sur le point d’être entamé, la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB), Égalité santé en français (ÉSF) et l’Association francophone des aîné.e.s du Nouveau-Brunswick (AFANB) suggèrent au gouvernement Higgs d’attendre davantage.

Le président de la SANB, Alexandre Cédric Doucet, prédit déjà une très faible participation.

«Si on pose la question aux gens de la zone 4, je ne pense pas qu’ils ont en tête de participer à des consultations pour changer le système de santé. C’est vraiment ridicule. Donc je pense qu’on est capable de remettre ça à un peu plus tard.»

«Nous nous demandons s’il est vraiment le temps de consulter la population alors que nous sommes en période de pandémie», renchérit Jacques Verge.

Le secrétaire d’Égalité santé en français remet aussi en doute le choix de tenir des séances virtuelles à huis clos.

«Cette démarche aura sans doute comme résultat de restreindre le nombre d’intervenants potentiels, tout en nuisant à la transparence du processus dans son ensemble. Comment s’assurer que la démarche vise réellement à sonder la population et non à valider une vision déjà bien définie de la réforme?»

Marcel Larocque, président de l’AFANB, doute de la capacité des citoyens plus âgés à prendre part à des discussions qu’il qualifie d’«expéditives». Il craint que la méthode virtuelle ne mette à l’écart tout un segment de la population moins à l’aise avec la technologie ou qui n’y a pas accès.

«Soyons très francs: nous sommes tous concernés par l’état de nos soins de santé et les citoyens doivent avoir leur mot à dire. Un processus de consultation réussi sera essentiel si le gouvernement souhaite que sa réforme soit vue comme légitime auprès des citoyens et citoyennes de cette province.»

La ministre de la Santé Dorothy Shephard refuse en tout cas de considérer un report de sa tournée. Jusqu’à présent, le gouvernement est demeuré vague sur ses intentions.

«Je ne viens pas à la table avec des résultats prédéterminés», a affirmé la ministre lors d’une entrevue accordée au journal au début du mois.

Elle s’est pourtant montrée favorable à une plus grande centralisation des services en évoquant la création de «centres d’excellence», peu après que le premier ministre Blaine Higgs dit vouloir s’attaquer aux «dédoublements de services» entre les deux régies de santé.

Jacques Verge s’inquiète de ce manque de détails.

«La province n’est pas une compagnie privée. C’est l’argent du public et le public devrait participer à tout et savoir vers quoi on s’en va. Que ce soit en matière de santé, de réforme municipale ou de langues officielles, le public a le droit de savoir sur quoi on se penche», exprime-t-il.

Chacun des trois organismes entend présenter prochainement au gouvernement provincial un mémoire précisant leurs attentes vis-à-vis de la réforme en santé.

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