Le prochain chapitre de la saga de l’examen menant à la profession d’infirmière s’écrira en Cour d’appel du Nouveau-Brunswick, vendredi, à Fredericton.

Le plus haut tribunal de la province doit déterminer si la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) et la Fédération des étudiants et des étudiantes du Centre universitaire de Moncton (FÉÉCUM) peuvent poursuivre l’Association des infirmières et des infirmiers du Nouveau-Brunswick pour son recours exclusif à l’examen NCLEX-RN.

Les diplômés en sciences infirmières doivent réussir cet examen informatisé afin de pouvoir exercer leur profession dans la province.

La SANB et la FÉÉCUM souhaitent faire invalider l’utilisation de cet examen qui a d’abord été conçu en anglais aux États-Unis avant d’être adapté à la réalité canadienne et traduit en français.

Les deux organismes affirment que le NCLEX-RN désavantage les diplômés francophones parce que les ressources de préparation en français sont moins nombreuses et que la traduction de l’examen laisse à désirer.

Le commissariat aux langues officielles du Nouveau-Brunswick a déjà donné raison en 2018 à deux plaignantes qui avançaient les mêmes arguments. Le commissariat n’a toutefois pas le pouvoir d’obliger l’Association des infirmières à changer d’examen ou à le modifier.

En mai 2018, la SANB et la FÉÉCUM ont déposé un avis de poursuite contre l’Association des infirmières.

En janvier 2020, le juge Jean-Paul Ouellette de la Cour du banc de la Reine a donné raison à l’Association qui affirmait que la SANB et la FÉÉCUM ne pouvaient pas la poursuivre au nom des diplômés en sciences infirmières.

C’est cette décision que les deux groupes espèrent faire infirmer en Cour d’appel, vendredi, pour que le procès puisse finalement avoir lieu en Cour du banc de la Reine.

Selon le juge Ouellette, la SANB et la FÉÉCUM ne possèdent pas «une connaissance directe des faits relatifs à cette affaire et n’ont pas été affectées par l’adoption du NCLEX-RN.»

Depuis 2015, toutes les provinces canadiennes, sauf le Québec, utilisent le NCLEX-RN. Cette année-là, les diplômés néo-brunswickois ont obtenu le plus faible taux de réussite au pays avec 50,3%. La moyenne nationale était de 69,7%.

Les diplômés de l’Université de Moncton (30%) avaient nettement moins bien réussi que ceux de l’Université du Nouveau-Brunswick (64%).

Cinq ans plus tard, le taux de réussite national en français (58,1%) était toujours plus bas que le taux de réussite total (85,5 %).

Le Nouveau-Brunswick (français et anglais) était encore au dernier rang des provinces canadiennes qui utilisent le NCLEX-RN avec un taux de réussite de 79,2% contre 85,5% à l’échelle nationale.

Le rapport 2019 du Conseil canadien des organismes de réglementation de la profession infirmière ne précise pas les taux de réussite selon la langue ou selon l’université pour chaque province.

Dans sa réponse à l’avis de poursuite de la SANB et de la FÉÉCUM en juin 2019, l’Association des infirmières affirme que «95% des étudiants qui tentent d’être admis à la profession d’infirmière au Nouveau-Brunswick sont en mesure de réussir l’examen (…) dans les deux ans suivant l’obtention de leur diplôme».

On peut aussi y lire que tout le matériel et les ressources de préparation qui sont «endossés et recommandés» par l’ordre professionnel sont offerts dans les deux langues officielles.

«L’Association réfute explicitement que du matériel d’études de langue anglaise soit largement utilisé par des candidats au programme d’infirmiers du Nouveau-Brunswick.»

La SANB, la FÉÉCUM et l’Association des infirmières n’ont pas souhaité faire de commentaire sur ce dossier avant l’audience de vendredi.

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