L’AFMNB tient mordicus à la tenue des prochaines élections municipales

«Le Nouveau-Brunswick n’a pas le luxe de retarder à nouveau la tenue des élections municipales.»

C’est là l’avertissement que sert le directeur général de l’Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick, Frédérick Dion, au gouvernement de Blaine Higgs.

Le Nouveau-Brunswick a été la première province canadienne à se lancer tête première dans une élection générale provinciale l’automne dernier, en pleine pandémie. Ce test, elle l’a traversé sans trop d’encombres.

Ça va toutefois moins bien à Terre-Neuve. Une poussée de COVID-19 au beau milieu de la campagne a bouleversé le processus électoral.

Ces récents déboires de Terre-Neuve ne peuvent être ignorés. Ils rappellent une dure réalité, soit que la pandémie est loin d’être terminée et que des éclosions peuvent frapper à tout moment.

À l’aube du déclenchement des élections municipales au Nouveau-Brunswick, l’expérience terre-neuvienne a de quoi faire réfléchir. Car, faut-il le rappeler, les municipalités néo-brunswickoises ont déjà fait les frais de la COVID-19, les élections prévues au printemps 2020 ayant été reportées d’une année.

Entre-temps, le gouvernement provincial, lui, n’a toutefois pas hésité à déclencher un scrutin, créant en quelque sorte un précédent.

«Il n’est pas question de reporter ou même retarder une fois de plus les élections municipales, il faut oublier ça. Ce serait manquer de respect à la démocratie locale ainsi qu’aux élus qui ont accepté de prolonger leur mandat d’un an en raison de l’urgence de la pandémie de la COVID-19. On ne peut pas leur en demander davantage», prévient M. Dion, qui craint d’autres démissions et même la perte de quorum advenant que cette avenue soit envisagée.

Selon M. Dion, les municipalités vivent actuellement sur du temps emprunté. Des décisions sont repoussées, les grands grands projets sont mis en attente. Bref, les municipalités sont au neutre.

«C’est simple, les conseils municipaux actuels sentent qu’ils n’ont pas la légitimité ni pour prendre des décisions importantes ni pour embarquer leur municipalité dans des projets à long terme», souligne-t-il.

Ce que l’AFMNB demande, c’est la tenue d’élections dans un cadre sécuritaire.

«Et si ça signifie mettre en place des moyens alternatifs pour voter – comme par téléphone ou par la poste – bien que l’on modifie la loi afin que cela soit en place à temps pour les élections. Celles-ci doivent avoir lieu le 10 mai, on a encore le temps d’apporter les modifications nécessaires», estime M. Dion.

Il note que la loi électorale a déjà été changée en décembre dernier afin de donner plus de flexibilité à la directrice d’Élection NB. Cela dit, ce changement demeure trop vague à son avis.

«L’intention était bonne, mais il y manque des mesures concrètes. C’est pour cela que l’on dit aujourd’hui au gouvernement qu’il serait important de retourner à la table à dessin, question de donner les outils nécessaires à la directrice des élections», soutient M. Dion.