Océans propres: de nouvelles techniques sous la loupe des pêcheurs

Des pêcheurs et des chercheurs se sont réunis pour partager de nouvelles techniques pour exercer leur métier lors d’un symposium virtuel mercredi.

Plusieurs associations de pêcheurs, y compris l’Union des pêcheurs des Maritimes et l’Association des crabiers acadiens du N.-B., ont participé à l’événement.

Leur initiative Océans propres, un plan de quatre ans ayant débuté en 2019, cherche à réduire la menace des activités de pêche sur les espèces en péril et l’écosystème côtier.

Ils visent notamment à mettre au point de nouvelles techniques de pêche et à faciliter la récupération d’engins de pêche fantômes.

Les pêcheurs ont entre autres discuté de techniques qui permettent de laisser moins de cordages dans l’eau afin d’éviter de nuire aux espèces menacées telles que les baleines noires de l’Atlantique.

Certains pêcheurs ont accepté de s’impliquer dans des tests scientifiques en attachant plusieurs casiers de crabe à un seul cordage au fond de la mer, et d’autres ont mis à l’essai des bouées sans cordage.

Dounia Daoud est directeur scientifique de Homarus, un organisme de recherche créé par l’UPM.

Elle explique que plusieurs pêcheurs ont déjà mis de nouvelles techniques en application, et que des tests d’autres techniques de pêche seront réalisés cet été.

«L’été dernier avec des pêcheurs, on essayait de trouver un système de grappin beaucoup plus efficace pour récupérer (des trappes de homard) sans abîmer le fond marin», dit-elle à titre d’exemple.

Selon elle, il ne s’agit pas d’imposer de nouvelles techniques aux pêcheurs d’expérience, mais plutôt de proposer ces alternatives pour ceux qui veulent s’en pourvoir.

Alexandre Mourant, biologiste chez Homarus, explique que d’autres techniques de pêche sont à l’étude.

Une fois mises au point, ces techniques pourraient éventuellement permettre aux pêcheurs de crabe de cohabiter plus facilement avec les baleines noires.

Pour cela, il faut réduire la quantité de cordages verticaux pour éviter que ces animaux s’y empêtrent.

Alexandre Mourant affirme que certains prototypes semblent bien fonctionner selon des données préliminaires.

Un de ces prototypes est une bouée encaissée dans un casier de pêche au crabe.

Lorsque vient le temps de repêcher les casiers, une télécommande permet au pêcheur de libérer la bouée, qui remonte alors à la surface avec un câble.

M. Mourant explique que la firme d’ingénieurs Corbo, à Caraquet, réalise des tests de nouvelles techniques de pêche avec des crabiers.

«Les gens sont de plus en plus intéressés à tester ces différentes technologies-là pour faire avancer la recherche», dit le biologiste.

Le symposium visait aussi à valoriser les efforts des pêcheurs qui tentent de réduire leur impact environnemental ou qui trouvent d’autres moyens d’aider leurs communautés.

L’initiative Océans propres publiera notamment des capsules vidéo et des podcasts afin de valoriser le métier et d’y intéresser les générations futures.