Il n’y a pas de petits hommes verts sur Mars, mais il y a peut-être déjà eu des formes rudimentaires de vie et c’est ce que le petit rover Perseverance doit tenter de déterminer, maintenant qu’il est prêt à accomplir sa mission.

Cette recherche de vie est un objectif qui hante les experts de l’exploration spatiale depuis que l’on a découvert que Mars a déjà été sillonnée de rivières et de plans d’eau.

« Supposons qu’on trouve des formes de vie ou des traces de vie sur Mars, la question commence à se poser: est-ce que c’est une vie semblable à la vie sur Terre? Est-ce qu’il y a des bactéries, par exemple, qui ressemblent aux cellules bactériennes sur Terre? Est-ce que c’est à la base d’une biochimie semblable à ce qu’on a sur Terre? Est-ce qu’il y a de l’ADN, de l’ARN, des protéines, ces choses-là comme nous avons ici ou est-ce quelque chose de complètement différent? » lance avec enthousiasme Richard Léveillé, professeur de sciences planétaires à l’Université McGill.

Si on découvre qu’il y a de la vie ou qu’il y en a déjà eu, outre la cascade de questions énumérée ci-haut, une telle découverte en soulèvera d’autres qui mènent, elles, au Saint-Graal de l’exploration spatiale: « Est-ce qu’il pourrait y avoir de la vie ailleurs? Ça pourrait nous éclairer sur cette question fondamentale: sommes-nous seuls dans l’univers? »

Préparer un colis pour le suivant

Au-delà de cette question de base, le petit rover est équipé pour s’attaquer à plusieurs autres questions.

« Une des grandes nouveautés de la mission Mars 2020 avec Perseverance, c’est qu’au bout du bras du petit robot, il y a une petite foreuse qui va aller prendre des carottes de roche, des échantillons cylindriques, va les stocker dans un genre de contenant », explique le scientifique.

Ce contenant sera là pour une future mission martienne.

« Éventuellement, on va envoyer une sonde qui va aller chercher ce contenant d’échantillons et le ramener sur Terre pour des analyses plus poussées. Nous sommes limités dans ce que nous pouvons faire comme types d’analyses sur place, comparativement à tout ce que l’on peut faire sur Terre. »

Fabriquer de l’oxygène

Perseverance ne se limitera donc pas à préparer un petit paquet pour un futur ramassage FedEx en direction de la planète bleue. Plusieurs analyses seront quand même effectuées sur place, l’intention étant de profiter du caractère intact de pierres très anciennes. Contrairement à la Terre, où les roches anciennes sont rares, celles-ci ayant été bousculées et abîmées par les mouvements tectoniques, les volcans, l’érosion de l’eau et ainsi de suite, « sur Mars, les roches anciennes sont mieux préservées on peut voir comment c’était il y a 3,5 milliards d’années », raconte Richard Léveillé.

Perseverance est aussi équipé d’un petit hélicoptère, Ingenuity, qui fera des essais de vol dans l’atmosphère raréfiée de Mars et le rover est aussi équipé, entre autres, d’un appareil qui lui est attaché, Moxie, investi d’une mission plutôt spectaculaire.

« C’est un petit réacteur chimique qui va prendre du gaz carbonique, du CO2, dans l’atmosphère martienne et va le dissocier pour produire du O2, de l’oxygène », explique Richard Léveillé, l’objectif ultime étant de vérifier la capacité « de produire de l’oxygène à plus grande échelle dans le futur, créer un système de production pour que des astronautes puissent respirer de l’oxygène sur place », une avancée qui serait cruciale à d’éventuelles missions humaines sur la planète rouge.

Perseverance est le rover le plus gros et le plus avancé technologiquement à avoir été lancé par la NASA jusqu’ici.

Farah Alibay, une ingénieure en aérospatiale de la NASA originaire de Montréal, fait partie de l’équipe qui pilotera le rover à partir du laboratoire de Pasadena.

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