Érosion: le risque ne se limite pas aux côtes

Bien que les problèmes d’érosion frappent un peu moins l’imaginaire dans le centre de la Péninsule acadienne par rapport aux communautés côtières, des chercheurs et des urbanistes travaillent à la planification du territoire pour aider ces régions à s’adapter aux changements climatiques.

La Commission de services régionaux de la Péninsule acadienne a reçu une subvention de 79 000$ du gouvernement provincial pour effectuer une analyse des risques d’inondation et d’érosion dans le centre de la Péninsule acadienne. Le projet est coordonné par Valorès, anciennement l’Institut de recherche sur les zones côtières, à Shippagan.

Dans ce cas-ci, le centre de la Péninsule correspond au secteur entre Tracadie, Caraquet et les îles Lamèque et Miscou. S’il comprend des communautés côtières comme Shippagan et Le Goulet, des données ont aussi été récoltées dans les régions d’Inkerman, de Pokemouche, de Saint-Simon, de Maltempec, de Landry Office et d’Évangéline. Ces communautés ne sont pas particulièrement reconnues pour leurs plages, mais des cours d’eau traversent chacune d’elles.

La CSRPA et Valorès récoltent des données sur les régions côtières de la Péninsule acadienne depuis près de dix ans pour les aider à mieux aménager et planifier leur territoire à l’ère des changements climatiques.

«Il n’existait pas de données auparavant», explique Benjamin Kocyla, directeur de la planification et urbaniste à la CSRPA.

«Si on veut planifier pour l’avenir, il nous faut de l’information et des données pour connaître les différentes dynamiques d’aujourd’hui. Historiquement, la province avait des données sur les inondations du fleuve Saint-Jean, mais rien n’avait été produit ici.»

Les risques sont réels. Au cours des dernières années, des tempêtes ont déjà endommagé des routes et des infrastructures. Des communautés ont été inondées. Selon les projections de Valorès, le niveau relatif de la mer augmentera d’environ 70 cm d’ici 2100. Cela ne signifie pas que toute la région sera à tout jamais submergée dans l’eau. Mais un nombre grandissant d’endroits seront inondés lors de marées de tempêtes.

L’étape de la récolte de données est suivie par celle de la préparation de rapports détaillés. Après, on travaille avec les communautés pour créer un plan d’adaptation aux changements climatiques. Parfois, cela mène à l’adoption de nouveaux règlements. Par exemple, à Shippagan, les nouvelles constructions sont interdites dans les zones à risque d’érosion et les nouveaux bâtiments dans les zones d’inondation doivent être surélevés de sorte que la partie habitable soit située à 3,1 m par rapport au niveau de la mer.