L’avenir de la poursuite pour faire invalider l’utilisation de l’examen NCLEX-RN est entre les mains des juges de la Cour d’appel.

Les juges Ernest Drapeau, Kathleen Quigg et Lucie LaVigne ont pris la cause en délibéré, vendredi, après avoir entendu les parties.

La Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) et la Fédération des étudiantes et étudiants du Campus universitaire de Moncton (FÉÉCUM) souhaitent obtenir le droit de contester la décision de l’Association des infirmières et infirmiers du Nouveau-Brunswick d’avoir recours à l’examen NCLEX-RN.

Les diplômés en sciences infirmières doivent réussir ce test informatisé afin de pouvoir pratiquer leur métier au Nouveau-Brunswick. Les autres provinces canadiennes, à l’exception du Québec, utilisent aussi cet examen.

La SANB et la FÉÉCUM affirment que l’examen créé aux États-Unis puis adapté à la réalité canadienne et traduit en français désavantage les diplômés francophones parce qu’il existe beaucoup moins de ressources préparatoires en français qu’en anglais.

Les deux groupes font appel de la décision du juge Jean-Paul Ouellette de la Cour du banc de la Reine qui a déterminé qu’ils ne pouvaient pas poursuivre l’Association des infirmières parce qu’ils ne possèdent pas «une connaissance directe des faits relatifs à cette affaire et n’ont pas été affectées par l’adoption du NCLEX-RN.»

L’avocat de la SANB et de la FÉÉCUM, Me Dominic Caron, a plaidé qu’aucune loi ne devrait être à l’abri d’une contestation judiciaire et que la poursuite de ses clientes contribuerait à assurer l’accès à la justice.

À son avis, les deux groupes possèdent les qualités nécessaires pour agir dans l’intérêt public dans cette affaire.

«L’examen ne respecte pas la réalité linguistique au Nouveau-Brunswick», a avancé Me Caron.

L’avocat a précisé que ses clientes ne remettaient pas en cause la qualité du français de l’examen NCLEX-RN, mais seulement le «déséquilibre» entre la quantité de ressources préparatoires disponibles en français et en anglais.

Le juge Drapeau a remis en question à plusieurs reprises l’approche juridique et les arguments de la SANB et de la FÉÉCUM.

«Un litige civil, c’est compliqué Me Caron. Il faut faire attention», a-t-il dit.

Il a aussi soulevé la possibilité que mettre fin à l’utilisation de l’examen NCLEX-RN au Nouveau-Brunswick puisse nuire à la mobilité des diplômés de la province puisque l’examen est aussi utilisé ailleurs.

«Ça leur ferme des portes partout aux États-Unis et ailleurs au Canada», a-t-il souligné.

Le juge Drapeau s’est aussi demandé si les francophones réussissent toujours moins bien que les anglophones à l’examen NCLEX-RN depuis son adoption en 2015.

«Quel est le problème maintenant?»

L’un des avocats de l’Association des infirmières, Me André Richard, a accusé la SANB et la FÉÉCUM de faire des reproches à l’examen sans avoir de preuves.

«Il y a des allégations, mais où est le jus, la viande (pour prouver) le problème?»

Me Richard a rappelé que l’Association des infirmières a modifié ses procédures depuis l’adoption de NCLEX-RN pour permettre aux diplômés de le passer aussi souvent que nécessaire.

L’ordre professionnel permet aussi aux futures infirmières de pratiquer leur métier sous supervision pendant deux ans même si elles n’ont pas encore réussi l’examen.

Après deux ans, «près de 100%» des diplômés du Nouveau-Brunswick arrivent à réussir l’examen, a indiqué Me Richard.

Me Dominic Caron a toutefois précisé qu’en 2017 la majorité des étudiants de l’Université de Moncton avait choisi de subir l’examen en anglais.

En ce qui concerne la disponibilité des ressources préparatoires, Me Richard a souligné que l’Association des infirmières recommande les mêmes outils en anglais et en français.

Quant aux ressources de préparations commerciales en anglais qui seraient abondantes sur le marché, Me Richard a affirmé que l’Association des infirmières ne pouvait pas en être tenue responsable.

Les juges de la Cour d’appel n’ont pas précisé à quel moment ils rendront leur décision.

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