L’épineuse question du transfert des routes dans les quartiers ruraux de la Municipalité régionale de Tracadie est maintenant à la croisée des chemins. Insatisfaits des récentes recommandations de Fredericton, les membres du conseil municipal espèrent rencontrer des membres haut placées du gouvernement Higgs afin de plaider directement leur cause.

Une résolution a été adoptée à l’unanimité cette semaine par le conseil pour mandater la consultante et ancienne candidate progressiste-conservateur dans Tracadie-Sheila aux élections provinciales de 2020, Diane Carey, à organiser une rencontre avec Daniel Allain, ministre des Gouvernements locaux et de la Réforme de la gouvernance locale.

«Il faut qu’on puisse rencontrer le ministre et probablement quelqu’un dans l’entourage du premier ministre Higgs. Le temps presse. Il faut s’asseoir avec les bonnes personnes et que le ministre ait tous les arguments possibles», a dit le maire de Tracadie, Denis Losier.

Avant le regroupement municipal de 2013, le gouvernement provincial, alors mené par les progressistes-conservateurs, avait promis d’entretenir les routes publiques dans les anciens DSL de Tracadie jusqu’en 2022 et de les remettre en bon état avant de les transférer à la municipalité. Cependant, l’an dernier, le gouvernement a cédé la gestion d’environ 270 km de route à la MRT par le biais d’un court article dans la Gazette royale de la province. Le plein transfert doit avoir lieu avant le 1er mai 2021.

La MRT a réitéré son refus de prendre la responsabilité de ces routes additionnelles, sous le prétexte qu’elle n’en avait pas les moyens financiers. Une subvention gouvernementale de 4,6 millions $ a notamment été refusée, car les élus ont jugé que ce montant était largement insuffisant par rapport aux besoins.

Inquiétudes

Si le scénario le plus pessimiste de la MRT devait se réaliser, Denis Losier craint que le fardeau financier hypothèque l’avenir de la communauté. Outre l’entretien des routes, plusieurs autres dossiers demandent l’attention du conseil municipal et nécessitent également des millions de dollars en investissements.

Tout cela dans un contexte où une proportion élevée de la population occupe un emploi saisonnier, se trouve sur l’aide sociale ou sont à la retraite.

«Si le gouvernement du Nouveau-Brunswick ne comprend pas dans quel bateau on se trouve, ce sera aux onze membres du conseil de se battre pour les citoyens. Comment peut-on augmenter les taxes encore pour des gens qui ont du mal à remplir leurs assiettes pour manger le soir?»

Recommandations et reproches

L’Acadie Nouvelle a obtenu une copie de la lettre envoyée par Ryan Donaghy, sous-ministre par intérim du ministère des Gouvernements locaux et de la Réforme de la gouvernance locale au nom du ministre Daniel Allain. Elle comprend deux recommandations principales.

La première suggère à la MRT d’accepter la subvention de 4,6 millions $, ce qui permettrait, selon le gouvernement, de remettre en bon état les routes qui n’ont pas encore été réparées.

On évoque aussi la possibilité de la prise en charge des routes par le gouvernement provincial, mais sous des conditions. La province cesserait de verser l’équivalent de 0,41$ par 100$ d’évaluation à la MRT, soit la proportion payée par les propriétaires fonciers des DSL de la province pour l’entretien des routes. En assumant la responsabilité des routes, Tracadie a eu droit à cet argent auparavant perçu par la province.

Selon la province, cette deuxième option entraînerait une hausse de taxes de 11 cents sur l’ensemble du territoire ou de 23 cents si la hausse est appliquée seulement dans les anciens DSL.

Par contre, dans une autre section de la lettre, la province semble reprocher à Tracadie d’avoir mal géré cet argent.

«Les 0,4115 $ ont permis à Tracadie d’engendrer des revenus de 2 269 299 $ en 2020. La municipalité régionale ne paie cependant que 1 111 298 $ au ministère des Transports et de l’Infrastructure pour l’entretien des routes. Cela leur laisse 1,15 million $ pour les services liés aux routes dans les anciens DSL. Ce montant est dépensé ailleurs», peut-on lire.

Le rapport contient d’autres remarques qui semblent critiquer le travail du conseil.

«La lutte que Tracadie devra mener à l’avenir est la même que celle de la plupart des gouvernements locaux, les choix doivent être faits en fonction des priorités. Le conseil devra trouver un équilibre entre la nécessité de maintenir les infrastructures et celle d’élargir leur offre de services ou de créer de nouvelles infrastructures.»

Plusieurs membres du conseil n’ont pas apprécié le ton de la lettre.

«Quand je lis le document, on semble vouloir blâmer le conseil pour les mauvaises décisions, comme si on a mal géré l’argent», a commenté la conseillère Ginette Brideau Kervin.

La question des routes doit être à nouveau abordée lors de la prochaine réunion ordinaire du conseil municipal.

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