22 millions $ pour protéger le Grand Moncton des algues bleues

Tous les niveaux de gouvernement ont annoncé lundi un investissement pour protéger l’eau potable de Moncton, de Riverview et de Dieppe des toxines causées par les algues bleues.

Les changements climatiques et les températures plus extrêmes ont accentué le risque causé par les algues bleues (cyanobactéries), des bactéries capables de libérer des substances toxiques dans l’eau potable.

La Ville de Moncton veut se munir d’un système de filtration d’eau capable de tenir tête à des températures plus chaudes et plus propices à la prolifération de ces bactéries.

Selon Jack MacDonald, directeur de la croissance et du développement durable de la Ville de Moncton, il faudra d’abord mener une étude des options disponibles pour gérer le problème des algues bleues, ce qui devrait prendre environ 15 mois.

Cela permettra à la Ville de trouver la marche à suivre pour mieux traiter l’eau et éliminer les substances toxiques. La construction débuterait alors à l’été 2022 et pourrait durer jusqu’à deux ans, selon la complexité du projet.

Jack MacDonald affirme que les températures plus élevées augmentent le risque d’éclosion de cyanobactéries dans le réservoir.

«Les algues bleues sont partout dans l’environnement. Elles sont dans le réservoir supérieur actuellement. Quand elles s’établissent, il est très difficile de s’en débarrasser. Il faut apprendre à vivre avec.»

Le gouvernement fédéral offre 8,8 millions $ au projet. Le gouvernement provincial y verse 7,3 millions %. Les trois villes du Grand Moncton se partagent une contribution de 5,8 millions $ à parts égales.

Jack MacDonald affirme que le coût des améliorations est compris dans le programme de 5 ans des projets capitaux de la municipalité et que cette dépense ne devrait pas se refléter sur la facture d’eau que recevront les citoyens.

La députée de Moncton-Riverview-Dieppe, Ginette Petitpas-Taylor, le ministre des Finances du N.-B., Ernie Steeves, et la mairesse de Moncton, Dawn Arnold, ont annoncé le financement par vidéoconférence lundi.

Un projet de longue haleine

Marc Landry, directeur général de Moncton, affirme que la longue période de recherche avant le début de la construction servira à assurer que les améliorations soient efficaces et qu’elles puissent tenir le coup à long terme.

Il dit que ce projet a été une priorité depuis que les algues bleues ont fait leur apparition dans le bassin de Turtle Creek en 2017.

«On fait des analyses quotidiennes et on a des déclencheurs en place pour s’assurer qu’on a suffisamment d’eau dans nos réservoirs», explique-t-il.

Si le niveau d’eau est trop peu élevé dans un des réservoirs d’eau potable, l’eau se réchauffe plus rapidement, les nutriments y deviennent plus denses et le risque associé aux cyanobactéries devient plus élevé.

Dieppe, Moncton et Riverview avaient fait face à ce problème l’été dernier, lors d’une canicule et d’une période de sécheresse extrême. La température du réservoir avait grimpé de quatre degrés.

Pendant quelques semaines, Moncton avait fermé tous ses parcs de jeux d’eau. Les trois municipalités avaient de plus demandé aux citoyens de limiter leur consommation d’eau.

Le conseil municipal de Moncton avait même amendé un arrêté pour se donner le pouvoir d’imposer des restrictions plus sévères si la situation empirait.

Des travaux déjà en cours

Moncton a déjà déboursé pour financer la modernisation de l’usine de traitement d’eau du bassin hydrographique Turtle Creek, l’une des principales sources d’eau potable de la région.

Des travaux visant à agrandir cette usine pour y entasser du nouvel équipement ont été complétés en 2020.

On y installe maintenant de nouveaux clarificateurs d’eau, toujours afin de lutter contre les cyanobactéries.

Ces appareils servent à envoyer les matières organiques à la surface de l’eau pour les retirer plus facilement. Cela permettra d’éviter des blocages de matières organiques dans les mécanismes de l’usine de traitement.

Deux clarificateurs sont déjà en place, le troisième sera installé d’ici mars, et le quatrième devrait l’être en mai.

Cette usine, conçue pour traiter plus de 100 millions de litres d’eau par jour, représente la plus grande source municipale d’alimentation en eau potable au Nouveau-Brunswick.