Armes de poing: les chefs de police souhaitent travailler avec les municipalités

Les chefs de police du Nouveau-Brunswick espèrent que les municipalités interdisent les armes de poing sur leur territoire si Ottawa leur en donne le pouvoir.

Le gouvernement fédéral souhaite donner aux municipalités l’autorité de proscrire les armes de poing.

Si le projet de loi C-21 est adopté, ceux qui enfreignent les règlements municipaux concernant l’entreposage et le transport d’armes de poing pourraient s’exposer à la révocation de leur permis ainsi qu’à des sanctions pénales.

Le président de l’Association des chefs de police du Nouveau-Brunswick voit la proposition d’Ottawa d’un très bon œil.

«Nous sommes vraiment en faveur. Ça fait plusieurs années que nous essayons de réduire le nombre d’armes de poing dans la population», indique Alain Lang qui est aussi le chef de la Force policière d’Edmundston.

«C’est pour donner des outils à nos corps policiers et à nos municipalités pour réduire le crime», constate-t-il.

«On le voit dans plusieurs grands centres au Canada. La violence avec des armes de poing est beaucoup plus présente aujourd’hui qu’elle l’était avant.»

L’Association des chefs de police n’a pas encore discuté des intentions du gouvernement fédéral avec les municipalités du Nouveau-Brunswick.

Le sujet devrait toutefois être à l’ordre du jour dans le futur.

«Quand ça aura été adopté (au fédéral), nous voulons nous asseoir avec nos municipalités pour déterminer quel est le problème et quels sont les (arrêtés municipaux) que l’on pourrait mettre en place pour régler ce problème», confie Alain Lang.

Pour l’instant, l’interdiction des armes de poing ne semble pas être sur le radar des municipalités de la province.

La directrice générale de l’Association des cités du Nouveau-Brunswick, Charline McCoy, a indiqué au journal que ses membres ne s’étaient pas encore penchés sur la question.

Au pays, l’approche du gouvernement fédéral est loin de faire l’unanimité. L’Union des municipalités du Québec croit notamment qu’Ottawa devrait «prendre l’ensemble de ses responsabilités» et adopter «des règles uniformes» pour tout le pays au lieu de laisser les villes adopter des règlements à la pièce.

«Par souci de cohérence, il est impensable de réglementer d’une façon dans une municipalité et d’une autre façon dans une municipalité voisine», indiquait l’association la semaine dernière dans une déclaration.

Le conseiller municipal de la Ville de Moncton Charles Léger doute lui aussi qu’une municipalité puisse véritablement s’y prendre seule pour interdire les armes de poing.

«Je ne suis pas certain que c’est quelque chose que les municipalités sont nécessairement toutes équipées pour faire. Je pense que c’est beaucoup trop complexe et risqué.»

M. Léger aimerait plutôt une approche coordonnée à l’échelle provinciale.

«On ne veut pas d’armes dans notre communauté, mais il faut trouver la meilleure façon de procéder. Il faut avoir une stratégie qui va être la même partout.»

Charles Léger affirme que les mesures concernant les armes de poing prévues dans le projet de loi C-21 n’ont pas fait l’objet de discussions au sein du conseil municipal de Moncton ou de l’Autorité policière régionale de Codiac dont il est le président.

Le ministère provincial de la Justice et de la Sécurité publique et celui des Gouvernements locaux et de la Réforme de la gouvernance locale n’ont pas répondu à nos demandes d’entrevue.