Baleines noires: «les ralentissements volontaires ne fonctionnent pas»

Les restrictions de vitesse volontaires en place pour les navires traversant le détroit de Cabot ne vont pas assez loin pour protéger les baleines noires de l’Atlantique Nord en voie de disparition, selon un rapport publié récemment.

Selon Oceana Canada, une analyse des données de suivi des navires indique que les deux tiers – 1055 des 1565 transits de navires étudiés dans le détroit en 2020 – ont ignoré la mesure de ralentissement volontaire de 10 noeuds mise en place par Transports Canada pour protéger les baleines contre les collisions mortelles.

Le suivi des navires de plus de 13 mètres, effectué au printemps et à l’automne derniers à l’aide des données recueillies par Global Fishing Watch, a également révélé que plus de 40% de ces transits dépassaient 12 nœuds, augmentant le risque pour les baleines.

«Ce que nous avons constaté en réalité, c’est qu’à moins que vous ne rendiez quelque chose obligatoire, votre taux de conformité ne sera pas très élevé», a déclaré la directrice de campagne de l’organisation, Kim Elmslie.

Mme Elmslie a indiqué que les chiffres n’étaient pas favorables, surtout par rapport aux taux de conformité obligatoires de Transports Canada dans l’ouest du golfe du Saint-Laurent, qui sont d’environ 90 à 95%.

Elle a ajouté que les données indiquent que les ralentissements volontaires ne fonctionnent pas et que le gouvernement fédéral devrait mettre en place un ralentissement obligatoire pendant toute la saison dans le détroit de Cabot.

«Il faut que tous les navires ralentissent, a déclaré Mme Elmslie. Nous devons voir le niveau de conformité que nous constatons dans les mesures obligatoires (du Golfe).»

La semaine dernière, Ottawa a annoncé que la même limite volontaire de 10 noeuds – environ 19 kilomètres à l’heure – restera en vigueur pour les bateaux traversant le détroit du 28 avril au 29 juin et à nouveau du 29 septembre au 15 novembre pour protéger les baleines migrant entrant dans le golfe du Saint-Laurent et celles qui en sortent.

Il n’y a pas eu de décès de baleines noires de l’Atlantique Nord ni d’enchevêtrements dans les engins de pêche enregistrés dans les eaux canadiennes en 2020, mais les cinq années précédentes ont vu 25 décès enregistrés pour une espèce dont la population mondiale est estimée à seulement 366.