On le rapportait la semaine dernière, il faudra fort probablement débourser davantage cet été pour effectuer des rénovations, le prix des matériaux étant en forte hausse. Comment expliquer que le prix du bois soit si élevé dans une province réputée pour sa production forestière?

Bien que quelques cas aient été répertoriés à l’intérieur d’usines ça et là dans la province, l’industrie forestière du Nouveau-Brunswick a tout de même été passablement épargnés par la pandémie de la COVID-19. Le bois a continué de sortir de la forêt et les usines de transformation néo-brunswickoise n’ont pas chômé. Il ne devrait donc pas y avoir en principe un effet de rareté à l’intérieur du marché domestique. Mais il en va autrement. Parmi les coupables: exportation, libre marché… et le grand appétit des États-Unis pour cette ressource.

Ce qu’il faut savoir, c’est que la grande majorité du bois produit dans la province est destiné à l’exportation, et le marché du bois connaît une forte demande actuellement en raison de l’effervescence du secteur de la construction américaine. Le prix du consommateur d’ici est donc grandement dicté par l’appétit au sud de la frontière.

Des données de l’Association nationale des constructeurs d’habitations des États-Unis démontrent en effet que les constructions unifamiliales ont bondi de 14,5%.

«On assiste à un phénomène aux États-Unis où la génération des Milléniaux quitte le nid familial, ce qui pousse à la hausse la demande (en bois) pour les appartements et les nouvelles résidences», indique M. Legere, directeur général de l’association Forêt NB.

La preuve est que le prix du bois a atteint un sommet record sur les marchés ce mois-ci. Et les prévisions font état d’un prix élevé au moins jusqu’au mois de juillet. Le consommateur ne devrait donc pas s’attendre à ce que les prix baissent en magasins d’ici là.

Ce dernier l’avoue, la situation actuelle est surprenante. Avec l’arrivée en scène de la COVID-19, il s’attendant plutôt à l’effet contraire, donc à ce qu’il y a ait une baisse de la demande et une chute des prix.

«Mais la construction résidentielle n’a jamais diminué, et le secteur de la rénovation a explosé. Les gens ont cherché quelque chose à faire et ils se sont tournés vers la rénovation. Tout ça fait en sorte que le bois est devenu soudainement un matériau en très forte demande partout, mais beaucoup chez nos voisins», dit-il.

Cette forte demande, et la hausse des prix qui vient avec, font des heureux au Nouveau-Brunswick puisque 84% des produits forestiers sont destinés aux États-Unis. Même avec les tarifs douaniers spéciaux toujours en vigueur, cette exportation est payante.

«Les États-Unis, c’est notre principal marché. En guise d’exemple, en deux semaines seulement, nos usines auraient la capacité de fournir tout le bois nécessaire pour toutes les nouvelles constructions du Nouveau-Brunswick. Ça nous prend donc un autre endroit où écouler la marchandise», note-t-il, précisant d’ailleurs qu’une bonne portion des 16% de production qui ne vont pas aux États-Unis sont écoulés ailleurs au pays.

Si cette hausse du prix du bois a un impact négatif sur le consommateur néo-brunswickois, il est plutôt positif pour l’industrie. M. Legere l’avoue, l’industrie tourne à plein régime et elle en profite.

«Ça fait du bien à l’industrie quand on sait que les dernières années ont été plus difficiles avec l’imposition des tarifs douaniers. Il faut en profiter quand ça passe, car les prix finissent toujours par se réajuster. Pour le moment, c’est bon pour l’économie de la province. Ça offre de l’emploi et ça fait tourner notre économie», dit-il.

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