Diagnostics de cancer: le N.-B. défie la tendance nationale

Contrairement au reste du pays, le nombre de diagnostics et de traitements de cancer au Nouveau-Brunswick est resté stable en 2020, malgré la pandémie de la COVID-19.

Au début de février, un sondage réalisé auprès de 141 oncologues partout au Canada par la firme montréalaise Metrika a permis d’apprendre que le nombre de nouveaux diagnostics de cancer de la vessie et de l’ovaire a chuté de 25%.

Les participants à l’enquête ont aussi rapporté un déclin de 12% des diagnostics de cancer colorectal, de 16% pour le cancer du poumon, de 18% pour le cancer de la prostate et de 19% pour le cancer du sein.

À l’échelle mondiale, le nombre de diagnostics de cancer aurait reculé de 40%.

Par ailleurs, selon des données de l’Institut canadien d’information sur la santé, une réduction de 20% des chirurgies liées au cancer a été enregistrée entre les mois de mars et juin 2020 par rapport à la même période en 2019.

Une enquête menée par la Société canadienne du cancer cinq mois après le début de la pandémie auprès des personnes atteintes de cancer et leurs proches aidants révèle que près de la moitié (47%) des patients ont signalé que leurs rendez-vous médicaux liés au cancer ont été reportés ou suspendus.

Nouveau-Brunswick

Malgré ces données très préoccupantes à l’échelle nationale, la situation est restée stable au Nouveau-Brunswick, fait savoir la Dre Anick Pelletier, responsable de la direction médicale au Réseau de santé Vitalité.

«Observer une baisse? Pas vraiment. En fait, nos services dans l’ensemble des spécialités et des vocations d’oncologie n’ont pas été interrompus malgré la pandémie. Lorsqu’on compare les chiffres de 2017 à 2020 dans les différentes sphères d’oncologie, on ne remarque pas de diminution.»

Bien qu’il n’ait pas été possible de connaître les chiffres du Réseau Vitalité, selon la Société canadienne du cancer, environ 5200 nouveaux cas de différents cancers ont été détectés au Nouveau-Brunswick en 2020, alors que 2110 personnes ont succombé à la maladie.

Selon la Dre Pelletier, plusieurs facteurs expliquent la situation stable du Nouveau-Brunswick.

«Initialement, la province était un peu moins victime de la pandémie en général et nous avons réussi à rapidement mettre en place des consignes d’hygiène nécessaires au fonctionnement, quasi normal, de nos services. L’oncologie n’a pas vraiment eu d’interruption et nous avons maintenu un accent pour les patients.»

Tout cela ne signifie pas cependant que la pandémie n’a pas apporté son lot de défis. En raison des mesures, plusieurs patients doivent recevoir des traitements sans être accompagnés par un proche.

«Au centre d’oncologie, nous avons été un peu plus victimes des contraintes de solitude pour nos patients qui vivent seuls. Les accompagnateurs ont plus de restrictions dans nos établissements à cause des précautions mises en place. Avec le cancer, le fardeau psychologique est élevé. Par contre, même si ça va bien, nous savons que nous ne sommes pas à l’abri de la COVID et nous prenons beaucoup de précautions.»