Foyers de soins: la vérificatrice générale dénonce une grave pénurie de lits

Le Nouveaux-Brunswick continue d’être aux prises avec une «grave pénurie» de lits en foyers de soins, selon la vérificatrice générale.

Kim Adair-MacPherson affirme dans son plus récent rapport que le gouvernement provincial «ne réussit pas à répondre à la demande» dans les établissements de soins de longue durée.

«La province n’est pas prête pour la hausse du nombre de personnes âgées qui auront besoin d’être placées dans une résidence», avance-t-elle.

Mme Adair-MacPherson a présenté ses constatations devant un comité de députés, mardi, à l’Assemblée législative.

Ses remarques ne sont pas liées à la pandémie de COVID-19 et à ses effets sur le système des foyers de soins.

Malgré l’ajout de 299 lits en cinq ans, le manque de places persiste et crée une «pression grandissante» sur les hôpitaux et les coûts connexes, selon la vérificatrice.

Depuis 2015, le nombre de personnes en attente d’une place en foyer de soins a augmenté de 43%. En juillet, 773 personnes attendaient une place dans un foyer et environ la moitié d’entre elles occupaient un lit de soins aigus dans un hôpital.

Kim Adair-MacPherson constate que le gouvernement a pris au moins deux ans de retard dans l’ajout de nouveaux lits prévus dans le Plan pour les foyers de soins 2018-2023.

Selon le ministère du Développement social, les retards dans les appels d’offres pour la construction et la gestion de nouveaux foyers de soins s’expliquent par le roulement de personnel et l’existence de priorités concurrentes, indique-t-elle.

La faiblesse du montant offert aux gestionnaires par le gouvernement pour la création de nouveaux lits pour les personnes atteintes de troubles de la mémoire aurait aussi été un obstacle d’après Mme Adair-MacPherson.

«On ne voit toujours pas très bien comment la province prévoit répondre à la demande de capacité en foyer de soins.»

La vérificatrice générale note aussi que même si le gouvernement a élaboré une stratégie sur le vieillissement échelonnée sur dix ans, il n’a pas préparé de plan de mise en œuvre approprié pour l’accompagner.

Cette stratégie doit notamment permettre à davantage de personnes âgées de demeurer chez eux plus longtemps.

«Nous savons qu’il ne s’agit pas seulement d’ajouter des lits en foyers de soins. Pour ce qui est de garder les personnes âgées dans leurs maisons et de leur offrir un soutien adéquat, nous savons que de nombreuses personnes au ministère s’occupent de ces questions, mais ils doivent mesurer les résultats et rendre compte publiquement de la manière dont ils atteignent ces objectifs», souligne la Mme Adair-MacPherson.

«L’information présentée est insuffisante pour que le lecteur puisse évaluer l’efficacité de la stratégie», mentionne-t-elle au sujet du rapport annuel du ministère du Développement social.

Alors que de plus en plus de foyers de soins sont confiés à l’entreprise privée plutôt qu’au secteur sans but lucratif, la vérificatrice affirme que la province n’a toujours pas évalué la différence de coût et de qualité du service entre les deux modèles.

«Le ministère doit comparer le coût réel et la qualité du service afin de déterminer si le modèle à but lucratif permet d’obtenir plus d’avantages économiques que le modèle traditionnel.»

Elle entend d’ailleurs se pencher elle-même sur la qualité des services dans les foyers de soins lorsque la pandémie sera terminée.