La dette d’Énergie NB inquiète la vérificatrice générale de la province

La vérificatrice générale presse Énergie NB d’en faire davantage pour réduire sa dette. Kim Adair-MacPherson est d’avis que cet objectif est possible sans accélérer la hausse des tarifs d’électricité.

Selon Mme MacPherson, la société de la Couronne n’a pas accordé une grande priorité à la réduction de sa dette ces dernières années.

La société reporte constamment l’atteinte du ratio d’endettement prescrit par la loi et n’arrive pas non plus à respecter ses propres objectifs en matière de remboursement, souligne Kim MacPherson dans son plus récent rapport.

Depuis 2002, sa dette a augmenté de 2 milliards $ et atteint dorénavant 4,9 milliards $. Énergie NB a d’ailleurs le ratio d’endettement le plus élevé de tous les services appartenant à un gouvernement au Canada.

La moyenne du ratio d’endettement d’Énergie NB sur 10 ans est de 94% alors que celles de ses pairs ailleurs au Canada varient entre 37% à 80%.

La Loi sur l’électricité oblige pourtant la société de la Couronne à ne pas dépasser un ratio d’endettement de 80%.

La situation est particulièrement inquiétante parce qu’Énergie NB devra faire des investissements importants dans ses infrastructures avant la fin de la décennie.

Les dépenses nécessaires pour prolonger la vie de la centrale hydroélectrique de Mactaquac jusqu’en 2068 pourraient à elles seules atteindre 3,7 milliards $.

«Quand Énergie NB n’atteint pas ses cibles financières, cela touche toute la population du Nouveau-Brunswick», prévient la vérificatrice générale.

Le gouvernement provincial souhaite que la société atteigne le ratio d’endettement légalement prescrit en 2027. Afin d’y arriver, Énergie NB devrait rembourser 65 millions $ sur sa dette chaque année. Depuis 2013, la société a plutôt réduit sa dette d’environ 20 millions $ par an.

L’objectif du gouvernement est réaliste, selon Kim Adair-MacPherson, à condition qu’Énergie NB révise ses pratiques.

Elle note que les «prévisions optimistes» de la société ces dernières années ont entraîné une réduction du bénéfice net et une diminution du remboursement de la dette.

Énergie NB a notamment eu des difficultés à prévoir les coûts du carburant et de l’achat d’électricité.

Des incertitudes et des risques majeurs ont aussi été mal quantifiés dans les prévisions comme le facteur de capacité de la centrale nucléaire de Point Lepreau, la production d’hydroélectricité et les événements météorologiques de grande ampleur.

La vérificatrice générale recommande à Énergie NB de régler ces problèmes de planification afin d’être en mesure de respecter ses objectifs de réductions de la dette.

Des prévisions plus solides devraient permettre à la société de rembourser sa dette sans avoir à augmenter ses tarifs au-delà des hausses habituelles de 2% par année, selon Mme Adair-MacPherson.

«Je ne pense pas que ce soit une augmentation significative des tarifs par rapport à ce que l’on demande actuellement qui soit nécessaire pour atteindre ces objectifs.»