La promesse d’un site de prévention des surdoses bien accueillie à Moncton

Des intervenants du milieu du traitement des dépendances ont été agréablement surpris par la décision du gouvernement d’ouvrir un site de prévention des surdoses à Moncton.

La promesse d’un endroit sécuritaire pour les personnes qui vivent avec un problème de dépendance aux drogues tombe à pic pour Debby Warren, directrice de l’organisme Ensemble Moncton.

Son groupe offre des seringues propres à ceux qui prennent de la drogue et des kits de naloxone à ceux qui veulent se tenir prêts à réagir en cas de surdose.

Elle explique qu’un comité d’intervenants du milieu travaillent d’arrache pied depuis longtemps pour obtenir un site de prévention des surdoses à Moncton.

«On a fait notre budget, on travaille à l’embauche de quelqu’un pour écrire nos règles et procédures, on a fait des sondages de gens qui auront potentiellement besoin de ces services, et on a rénové. L’espace est prêt, on attend», dit-elle.

Le gouvernement a confirmé à l’Acadie Nouvelle que ce site sera bien situé chez Ensemble Moncton.

Il ne s’agit pas d’un site d’injection supervisée (SIS) – ce genre de site offre une plus grande gamme de services et n’existe pas au Nouveau-Brunswick. Les gens pourront néanmoins y prendre de la drogue et obtenir de l’aide.

Les sites d’injection supervisée comportent notamment des professionnels de la santé, de l’appui en santé mentale et des travailleurs sociaux dans un contexte plus médical, selon Debby Warren.

Puisque les sites de prévention des surdoses sont reconnus comme des besoins urgents de santé publique par Santé Canada, leur processus d’application est moins «encombrant» que celui des SIS, selon elle.

Bien qu’elle espère éventuellement avoir un site d’injection supervisée en bonne et due forme, Debby Warren se dit bien heureuse de commencer par le commencement: que les gens n’aient pas à se piquer dans la rue et qu’ils puissent avoir des secours en cas de besoin.

«Je ne veux plus voir de gens traverser la rue en courant pieds nus pour demander de la naloxone parce que quelqu’un est en train de mourir», plaide-t-elle.

Selon le modèle proposé mardi, les gens pourront prendre leur drogue en toute sécurité, et du personnel qualifié sera à portée de main en cas de surdose.

Dans un courriel, le gouvernement précise cependant que seul le site de Moncton est prévu pour cette année, au coût d’environ 160 000$.

«D’autres sites pourraient être ajoutés selon le besoin des communautés et la capacité d’organismes communautaires de se rassembler pour proposer un plan pour mettre ces services en place», indique Bruce MacFarlane, porte-parole du ministère de la Santé.

Un besoin croissant

Selon Trevor Goodwin, directeur du programme ReConnect du YMCA de Moncton, le plan annoncé par la ministre Dorothy Shephard mardi est «agressif et ambitieux», mais il est aussi absolument nécessaire.

Il explique que le site de prévention des surdoses permettra de combler un besoin immédiat et de redonner un peu de dignité à ceux qui vivent avec un problème de dépendance.

«Ils n’auront plus à se cacher dans une bécosse ou derrière une benne à ordures pour prendre de la drogue», dit-il.

Il applaudit aussi le fait que ces sites auront la capacité d’analyser des drogues pour détecter si elles sont contaminées avec d’autres substances. Ce danger est bien présent, selon lui.

«Les gens qui prennent de la drogue ne se préoccupent pas nécessairement de ce qu’elle contient. Beaucoup de surdoses surviennent en raison de drogues mélangées avec d’autres substances ou avec du fentanyl», dit-il.