Moncton renforce la protection de son patrimoine

Le conseil municipal de Moncton a validé en comité plénier deux projets de préservation du patrimoine. La Ville veut faciliter l’obtention de subventions par les propriétaires de bâtiments historiques et protéger légalement plus d’édifices.

La Ville de Moncton souhaite accorder davantage de fonds disponibles dans le cadre de sa subvention au patrimoine. Ils s’élèvent à 55 000$ pour l’année 2021 (en augmentation de 10 000$ par rapport aux dix ans précédents).

Cette aide est destinée aux propriétaires de bâtiments patrimoniaux qui prévoient effectuer des rénovations et sauvegarder le cachet historique de la cité.

«Nous ne dépensons pas tout l’argent chaque année, mais presque, a constaté l’agent municipal responsable du dossier, Jean-Pierre Charron. J’ai vu des candidats abandonner le processus de demande en étant frustrés.»

La Ville souhaite donc le simplifier et le rendre plus flexible. Elle pense par exemple exiger une seule estimation de coût au lieu de deux et permettre une candidature par année au lieu de deux tous les quatre ans.

«Si nous voyons que la subvention est maximisée, il y aura des réflexions lors de l’adoption des prochains budgets», a souligné le directeur municipal, Marc Landry, à propos d’une augmentation des fonds disponibles.

Les conseillers municipaux ont approuvé ce projet à l’unanimité. Ils voteront à ce sujet le 15 mars.

La Ville de Moncton souhaite d’autre part désigner plus de bâtiments dans le cadre de son arrêté sur la protection du patrimoine. Leurs propriétaires seraient ainsi poussés à les restaurer de manière à préserver leur aspect historique d’origine.

L’urbaniste de la municipalité, Josh Davies a recensé environ 40 édifices présents dans le Répertoire canadien des lieux patrimoniaux sur lesquels l’administration pourrait concentrer ses efforts. Par exemple: la tour Alliant et la Cathédrale Nore-Dame de l’Assomption. Moncton pourrait ensuite chercher à sauvegarder des quartiers entiers.

«On veut vraiment que les propriétaires soient impliqués pour être sûr qu’ils soient à l’aise avec la désignation», a précisé M. Davies.

L’Administration mènera des consultations auprès d’eux et du public avant de suggérer la protection d’une propriété au conseil municipal. Un urbaniste devra aussi avoir accordé au moins 70 points au bâtiment, en fonction de différents critères (date de construction, importance historique, architecture, intérêt communautaire, état, adaptabilité, vocation d’origine).

Les élus de Moncton ont demandé à l’administration d’entreprendre ce projet en novembre, après avoir sauvé de la démolition la maison Killam au 84, rue Highfield. Son propriétaire, Patrick Gillespie voulait dégager l’accès à un immeuble d’appartements.

«Nous avons déjà perdu beaucoup de patrimoine», a déploré le conseiller Charles Léger.

Les conseillers municipaux voteront à propos de la nouvelle méthode de désignation municipale en mars. Les habitants de Moncton devraient ensuite pouvoir participer à une consultation au printemps.