La population du Haut-Madawaska augmentera de 43 personnes d’un coup!

Une douzaine de familles se préparent à amorcer, la semaine prochaine, le long voyage de l’Afrique de l’Ouest vers le Nouveau-Brunswick. C’est dans la communauté rurale du Haut-Madawaska qu’ils s’installeront. Parmi les 43 nouveaux arrivants, 18 sont des enfants.

Leur venue est importante pour la région du Haut-Madawaska.

Recrutés par la Ferme Avicole Nadeau de Saint-François pour pourvoir des postes à l’abattoir, les nouveaux arrivants devraient non seulement aider à pallier au manque de main-d’œuvre et aider l’économie locale, mais aussi contribuer à rajeunir la population.

«La communauté du Haut-Madawaska s’enrichit d’une cinquantaine de personnes», s’est réjoui le maire, Jean-Pierre Ouellet.

«Ça apporte son lot de défis, mais aussi une nouvelle diversité et ce sera important, autant pour la communauté de s’adapter à eux que vice-versa.»

En vue de leur arrivée, la communauté s’est mobilisée au sous-sol de l’église de Baker-Brook pour collecter des biens essentiels tels que des meubles, des matelas, des électroménagers et de la vaisselle.

Les 43 francophones arrivent en provenance du Togo, et ne peuvent évidemment pas transporter avec eux toutes leurs possessions.

Après leur confinement obligatoire à l’hôtel, ceux-ci s’installeront dans des appartements à Baker-Brook et Clair.

La majorité devrait travailler à la Ferme Nadeau et les jeunes, eux, fréquenteront les écoles et garderies du Haut-Madawaska.

«À date, il y a environ 70 personnes qui ont souligné leur intention de contribuer d’une façon ou d’une autre à l’accueil de ces nouvelles familles-là», a ajouté le maire.

Même dans la région Chaleur, certains ont voulu donner un coup de main.

Emmanuelle Parent et son conjoint, Jacques Dumaresq, font partie d’eux. «Ces gens-là vont vivre l’expérience de leur vie et de savoir que ma petite contribution peut aider à ce qu’ils se sentent attendus et surtout les bienvenues, c’est important à mes yeux», a témoigné celle qui a pris l’initiative d’organiser une collecte de dons dans le Nord-Est.

«Au départ mon mari et moi nous attendions à partir avec un petit chargement de meubles et vêtements en trop chez nous, puis on s’est dit, tant qu’à faire la route avec une petite remorque, on pourrait lancer un appel à nos familles et amis? Et que si on pouvait, pourquoi ne pas partir avec un camion de déménagement et aider encore plus!»

Cyriaque Kiti, la personne chargée du recrutement des immigrants, affirme que les familles ciblées pour s’installer au Haut-Madawaska répondent à trois défis: le défi démographique de l’immigration, le défide main-d’œuvre et le défi de la langue française.

Il ajoute que les nouveaux arrivants sont des gens scolarisés, certains sont même des entrepreneurs.

«Pour répondre aux trois défis, on a défini un profil idéal. On a ciblé, premièrement, ceux qui viendraient travailler chez Nadeau. Deuxièmement, on a regardé le profil des femmes qui auraient des permis de travail ouvert et seraient capables de travailler dans la communauté. On a aussi ciblé des enfants qui pourraient aller à l’école ici, grandir ici et apprendre les cultures et valeurs d’ici.»

Si tout se déroule bien, M. Kiti affirme que d’autres immigrants pourraient suivre le pas.

«On a beaucoup de demandes, mais pour l’instant on se concentre sur la première vague», a-t-il communiqué.

En date de jeudi, Mme Parent avait déjà récolté plusieurs biens pour faciliter l’arrivée des familles dans le Nord-Ouest, notamment 3 bureaux, 3 lits, 4 divans, des articles de cuisine, et une grande quantité de vêtements pour femmes et jeunes filles.

«Les gens sont généreux, ça ce n’est pas une surprise, mais de constater à quel point et aussi de réaliser que plusieurs articles sont neufs, c’est autre chose! Entre autres, on a reçu plusieurs manteaux avec les étiquettes encore dessus et de la literie encore dans l’emballage», a-t-elle partagé.

Parmi les 18 enfants qui arriveront bientôt au Madawaska, la moitié sont âgés de 0 à 7 ans et l’autre de 7 à 14.

Leur pays d’origine, le Togo, est environ la même superficie que la Nouvelle-Écosse, mais compte près de 9 millions d’habitants.