La région Chaleur perd l’une de ses principales institutions culinaires

L’une des meilleures tables de la région Chaleur vient officiellement de fermer ses portes.

Ouvert en 1973, à Nigadoo, en bordure de la baie des Chaleurs, le restaurant La fine grobe a cessé de servir ses plats de fruits de mer et de cuisine française pendant la période des fêtes.

Le propriétaire, Georges Frachon, a récemment officialisé discrètement la fermeture définitive de son établissement en publiant un bref message sur la page Facebook du restaurant.

Sur le point de célébrer son 78e anniversaire de naissance et après 47 années de loyaux services, le restaurateur originaire des Alpes françaises a décidé qu’il était temps de tourner la page.

«À mon âge, je me suis dit qu’il était temps d’arrêter tout ça», a affirmé d’entrée de jeu Georges Frachon.

Contrairement à d’autres restaurants, ce n’est pas la pandémie de COVID-19 qui a signifié la fin de La fine grobe, l’une des plus anciennes tables de la région de Bathurst qui était toujours en activité.

«Malgré la pandémie, le restaurant n’était pas du tout vide. Disons que la COVID-19 a probablement été le coup de main que ça prenait pour lâcher mon tablier, je vois ça d’un côté positif», a précisé le restaurateur qui a également cessé de louer les deux chambres qui se trouvent à l’étage supérieur.

À défaut de recevoir des touristes qui étaient de passage dans la région, La fine grobe a pu continuer durant l’année 2020 à compter sur sa fidèle clientèle locale et sur des clients des régions voisines qui n’hésitaient pas à parcourir plusieurs kilomètres afin de s’offrir un repas à ce restaurant.

«C’est un beau défi d’avoir duré si longtemps. Le domaine de la restauration n’est pas toujours facile, bon nombre de restaurants ferment après peu de temps et les marges de profit sont bien minces», a ajouté celui qui s’est installé au départ dans la région Chaleur en 1969 en tant que professeur de français au Collège de Bathurst.

Les internautes ont été nombreux à saluer le départ à la retraite de M. Frachon. Encore ce week-end, plusieurs habitués de l’endroit ont souligné par écrit que les excellents plats et le bon service à table allaient grandement manquer.

La fameuse assiette de quatre fruits de mer servi à une époque récente et le gâteau au chocolat ont fait la réputation du restaurant qui a eu droit à plusieurs lignes écrites dans les principaux journaux quotidiens du pays.

Maintenant qu’il n’est plus prisonnier de ses chaudrons, Georges Frachon entend consacrer ses temps libres à la poterie, une passion qui l’anime depuis l’adolescence.

La pratique du ski de fond sur les sentiers de la région occupera également ses temps libres à l’occasion, tout comme sa collection de pierres et de cristaux qu’il chérit.

Le restaurateur n’entend pas pour l’instant vendre l’endroit où il réside toujours à un entrepreneur qui pourrait être tenté de l’acquérir pour y mener des activités de restauration ou d’hôtellerie en bordure de la mer.

Lors du passage de l’Acadie Nouvelle, le mobilier de la salle à manger était d’ailleurs toujours en place, comme si le premier service allait être servi sur le coup de 17h.

La cuisine semblait elle aussi pleinement fonctionnelle, avec tout son équipement servant à la cuisson et les nombreux morceaux de vaisselle empilés sur les étagères.

Complice de Georges Frachon depuis une trentaine d’années, son adjointe Mariette Bryar se trouvait d’ailleurs dans la cuisine au moment de notre passage à l’établissement de Nigadoo.