Tracadie: des citoyens des anciens DSL demandent officiellement le divorce

À quelques mois de la tenue des prochaines élections municipales, des citoyens des anciens DSL qui font partie de la Municipalité régionale de Tracadie depuis 2014 demandent officiellement le divorce. Ils exigent la tenue d’un nouveau plébiscite pour déterminer l’avenir de la région.

Une trentaine d’eux se sont rassemblés à l’extérieur vendredi matin devant la résidence de Louis-Paul Brideau, à Pointe-à-Bouleau.

Leur démarche se veut une continuation des efforts entamés en 2019 alors qu’une pétition réunissant 1430 signatures a été présentée au conseil municipal de Tracadie et acceptée par les élus.

Selon eux, le regroupement de 2013, accepté par une faible majorité de 53% des électeurs, n’a jamais rencontré les promesses faites aux citoyens. Ils croient aussi que la publicité et les informations des promoteurs ont induit en erreur la communauté.

Au cœur des préoccupations de plusieurs, la hausse de taxes. Les projections dans le document de travail du groupe «Ensemble vers l’avenir» prévoyaient une augmentation de taxes progressive pour atteindre 1,18$ par 100$ d’évaluation en 2025 dans les quartiers ruraux.

À l’heure actuelle, les résidents de ces quartiers paient 0,91$ par 100$ d’évaluation, selon les données disponibles dans le plus récent budget municipal. Bien que ce chiffre soit inférieur aux projections jusqu’à maintenant, on rappelle que le coût de la vie augmente et que la valeur de plusieurs résidences a grimpé à la suite d’une évaluation menée par le gouvernement provincial.

Par ailleurs, le transfert des routes des anciens DSL à la municipalité pourrait encore entraîner une hausse majeure de taxes.

«Les gens n’ont pas les moyens de payer ces taxes. Une pétition a été déposée à la ville en 2019 pour demander la tenue d’un plébiscite. On voulait que ça ait lieu lors des élections municipales de 2020. L’élection a été reportée à cause de la COVID-19, mais ça fait deux ans que ça été déposé et on veut que le plébiscite ait lieu cette année en même temps que l’élection municipale. On veut aussi que les citoyens de Tracadie et de Sheila puissent y participer aussi», dit Louis-Paul Brideau.

Lester Doiron, de Leech, a fait partie des nombreuses personnes qui croyaient au potentiel d’un regroupement en 2013. Depuis ce temps, il a changé d’avis.

«Je pense qu’on s’en ait fait passer une bonne. Les gens ont cru, mais plusieurs sont frustrés maintenant.»

«Je sais que la municipalité a des beaux projets, mais à Leech, on n’a pas l’impression d’en faire partie. Il y a des beaux trottoirs en ville, mais pour en profiter, il faut se rendre jusqu’en ville…. Les taxes n’arrêtent pas de monter, mais on va arriver à un point où les gens ne seront plus capables de se payer une vie ici avec les emplois qui sont disponibles au salaire minimum. Comment veux-tu qu’un jeune s’en sorte à 11,75$ de l’heure?»

Linus Robichaud, dernier président du DSL de Val-Comeau avant le regroupement, cherche aussi des réponses. Comme plusieurs autres, il a l’impression de payer de plus en plus sans nécessairement obtenir de services additionnels.

«Il y a des gens qui disent que les DSL ne paient pas leur juste part. On peut blâmer qui on veut, mais il faut trouver une entente pour que les DSL aient leur juste part. Il devrait y avoir un plébiscite parce qu’ils ont induit les gens des DSL en erreur.»

Le maire de Tracadie, Denis Losier, n’a pas donné de suite à notre demande d’entrevue vendredi.

Cependant, en 2019, le conseil municipal avait affirmé vouloir donner la chance au gouvernement Higgs de présenter une offre nettement plus généreuse pour le transfert de plus de 200 km de route dans les anciens DSL à la Municipalité régionale de Tracadie.

Ce dossier n’a toujours pas été réglé, mais les négociations se poursuivent toujours.