Transfert des routes: rapprochement entre Tracadie et le ministre Allain

La question du transfert des routes dans les quartiers ruraux de la Municipalité régionale de Tracadie n’est pas encore réglée, mais une rencontre mercredi soir avec Daniel Allain, ministre provincial des Gouvernements locaux, devrait permettre au conseil municipal de prendre une décision plus éclairée dans un avenir proche.

Le ministre Allain s’est rendu à Tracadie mercredi soir pour rencontrer les élus de la région. Au début février, Ryan Donaghy, sous-ministre par intérim du ministère des Gouvernements locaux et de la Réforme de la gouvernance locale a fait parvenir un document au conseil de Tracadie avec une analyse de chiffres et des recommandations.

«J’ai convoqué la réunion, car je voulais parler aux élus de Tracadie. Je voulais que ce soit une séance d’information, car il semble y avoir une divergence d’opinions autour de certains chiffres. Je voulais que les élus puissent poser des questions. On n’a pas réussi à répondre à toutes les questions, on en a reçu plusieurs, mais on va retourner à Fredericton et on va les réviser pour pouvoir leur répondre.»

Avant le regroupement municipal de 2013, le gouvernement provincial, alors mené par les progressistes-conservateurs, avait promis d’entretenir les routes publiques dans les anciens DSL de Tracadie jusqu’en 2022 et de les remettre en bon état avant de les transférer à la municipalité. Cependant, l’an dernier, le gouvernement a cédé la gestion d’environ 270 km de route à la MRT par le biais d’un court article dans la Gazette royale de la province. Le plein transfert doit avoir lieu avant le 1er mai 2021.

La MRT a réitéré son refus de prendre la responsabilité de ces routes additionnelles, sous le prétexte qu’elle n’en a pas les moyens financiers. Une subvention gouvernementale de 4,6 millions $ a été refusée, car les élus ont jugé que ce montant était largement insuffisant par rapport aux besoins.

«Il faut se souvenir de ce qui a été convenu dans le passé. En 2013, il y a eu une entente, et au moment de la fondation de la nouvelle municipalité, il était clair qu’elle voulait éventuellement prendre la charge des routes dans les anciens DSL», rappelle le ministre.

Aujourd’hui, ce transfert fait craindre une hausse importante des taxes à Tracadie. Un groupe de citoyens demandent même au gouvernement provincial de permettre la tenue d’un plébiscite pour un «dé-regroupement» municipal, autrement dit, un retour au statu quo d’avant 2013.

Cependant, Daniel Allain a encore écarté cette possibilité. Il estime que le regroupement a été la bonne décision pour Tracadie, même s’il reste toujours des éléments à corriger. Par ailleurs, au sujet des routes, le ministre Allain considère que les projets de regroupement futurs devraient pouvoir démontrer une marge de manœuvre financière importante avant que la province ne les autorise à les prendre en charge.

«Notre objectif est de trouver une solution et de trouver une solution à long terme. J’ai hâte de voir le résultat de la réunion de ce soir.»

«La balle est dans notre camp»

Le maire de Tracadie, Denis Losier, considère que la réunion a été positive dans son ensemble.

«Le ministre a quand même pris le temps de venir nous rencontrer et de répondre à nos questions. Il nous reste à analyser le tout et à prendre une décision comme conseil. La balle est dans notre camp en ce moment.»

Le rapport du sous-ministre Ryan Donaghy comprenait deux options principales pour la MRT. La première consiste à prendre la pleine responsabilité des routes dans les anciens DSL et d’accepter la subvention de 4,6 millions $. La deuxième consiste à redonner la responsabilité des routes au gouvernement provincial, mais elle aura à réajuster son budget annuel en fonction des pertes des impôts fonciers provenant des anciens DSL pour l’entretien des routes, soit environ 2,2 millions $.

Aucune décision n’a été prise par le conseil mercredi soir, mais le maire Losier admet que la rencontre devrait permettre au conseil de voir les choses plus claires.

«On a à décider ce qu’on pense est la meilleure décision pour les citoyens. Entretenir 200 km de routes, c’est un gros défi. Les citoyens ont peur d’une augmentation de taxes majeures. C’est ce qu’on essaie d’éviter. Si on peut arriver à des pistes de solution avec le gouvernement qui nous permet d’éviter cette conclusion, tout le monde sera gagnant.»