Le Québec, champion canadien du véhicule électrique

Arriver à faire que les consommateurs adoptent la voiture électrique est un travail de longue haleine. Depuis dix ans, le Québec fait des efforts en ce sens, une démarche qui en a fait la championne canadienne de la voiture électrique.

L’électrification des transports est une priorité du gouvernement québécois. C’est une des raisons pour lesquelles la Belle Province offre, depuis 10 ans, un incitatif à l’achat pouvant atteindre 8000$. Avec le financement fédéral, les Québécois peuvent donc économiser 13 000$ lors de l’acquisition d’un véhicule électrique (VE) neuf.

D’après l’Association du véhicule électrique du Québec (AVEQ), 195 VE ont été achetés au Québec en 2011, l’année de la mise en place de l’incitatif d’achat provincial, en 2011. Depuis, les ventes annuelles sont en constante progression. L’an dernier, 25 187 VE ont été vendus dans la province.

En décembre 2020, il y avait 91 826 VE sur les routes du Québec. Au Canada, il y en aurait environ 202 000.

«Ç’a été un travail de longue haleine, explique Simon-Pierre Rioux, président de l’AVEQ. Depuis 2013, notre association est présente dans les médias de manière très agressive afin de faire de la sensibilisation pour déboulonner les idées reçues sur les VE. Ç’a eu un gros impact au Québec, ce que l’on ne voit pas dans d’autres provinces sans regroupement comme le nôtre.»

En plus du travail de sensibilisation, l’incitatif à l’achat «a été très important et c’est ce qui a fait en sorte qu’on pouvait déduire le surcoût d’un véhicule», ajoute M. Rioux.

Les ambitions québécoises en matière du VE ne s’arrêtent toutefois pas là. Le gouvernement, qui a reconduit son appui financier jusqu’en avril 2022, souhaite voir 300 000 VE sur ses routes d’ici cinq ans. La cible est d’un million au début de la prochaine décennie.

M. Rioux considère également que le nombre de VE ira en augmentant lorsque les provinces, ou le fédéral, adopteront, comme l’a fait le Québec, des normes zéro émission. Ce genre de mesure reçoit aussi l’appui de l’Association pulmonaire du Nouveau-Brunswick (APNB).

«On force ainsi les constructeurs automobiles à vendre un certain pourcentage de voitures électriques sur le territoire où ces mesures existent, explique Alyse Wilton, gérante des programmes de santé communautaire et environnementale de l’APBN. Ça force en quelque sorte les constructeurs à faire la promotion des VE, ce qui est très important si l’on veut que les citoyens s’y intéressent et comprennent bien les produits qui existent.»