L’incertitude règne chez les pêcheurs de crevettes nordiques

L’incertitude persiste dans l’industrie de la pêche aux crevettes nordiques. Comme l’an dernier, les crevettiers acadiens craignent que le début de leur saison soit encore reporté de plusieurs semaines.

En 2020, les crevettiers acadiens ont pu seulement prendre la mer à compter de la mi-juin en raison de l’incertitude causée par la pandémie de la COVID-19. Le retard était relié à une faible demande sur les marchés mondiaux et les usines de transformation hésitaient à acheter le petit crustacé. La crevette nordique pêchée par les crevettiers acadiens est particulièrement appréciée par les consommateurs du Royaume-Uni – dans les stades de soccer notamment – et des pays scandinaves.

Puisqu’une version des mesures de confinement sont toujours en vigueur dans plusieurs pays, la situation risque de se reproduire en 2021, craint Michel Léger, président de l’Association des crevettiers acadiens du Golfe.

La plupart des crevettiers acadiens fréquentent les zones de pêche 8, 9 et 10, soit des régions se trouvant au large de Sept-Îles, de l’île Anticosti, et de la Côte-Nord. Ces zones ouvrent normalement vers le début avril. D’autres pêchent aussi dans la région du plateau néo-écossais, au large de la Nouvelle-Écosse, où la pêche ouvre plus tôt dans l’année.

Signe des temps qui courent, tous les crevettiers acadiens sont toujours entreposés dans la région de Caraquet.

«C’est la première fois en au moins 35 ans que les bateaux passent l’hiver à Caraquet. En raison de la situation avec la COVID-19 et les marchés, les usines ont décidé de ne pas acheter en mars», dit M. Léger.

Une autre réunion doit avoir lieu très prochainement avec les acheteurs principaux de la région, dont l’Association coopérative des pêcheurs de l’île, à Lamèque.

«Je n’ai aucune idée de ce qui va être décidé, mais d’après moi, le début de la saison sera reporté.»

«La pandémie a joué un rôle majeur dans la diminution des prix en 2020, parce que la crevette ne s’écoule pas sur les marchés européens comme d’habitude. Il est trop tôt pour savoir quand va débuter notre saison, il faut en parler avec les acheteurs, mais pour les quatre d’entre nous qui pêchent en Nouvelle-Écosse, on peut déjà dire qu’elle a été repoussée.»

Bonnes prises en 2020

Malgré le départ tardif en 2020, les prises étaient bonnes l’été dernier et la météo était au rendez-vous, fait savoir Michel Léger.

«Les usines ont acheté la totalité de nos prises, particulièrement l’usine de Lamèque. On peut qualifier la saison de positive au niveau de la ressource, mais pas sur les prix. Ce qui nous a un peu aidés, si on peut le dire, c’est que nous avons pu capturer notre contingent assez rapidement et l’essence n’était pas chère, mais ces deux facteurs n’ont pas pu compenser pour le reste.»