Le Nouveau-Brunswick devrait rouvrir ses frontières aux quatre provinces de l’Atlantique ainsi qu’à certaines régions du Québec (Témiscouata, D’Avignon et la Première Nation de Listuguj) à la mi-avril si la crise sanitaire demeure contrôlée. Au Madawaska, on réclame cependant aux gouvernements d’envisager la même chose pour une partie du comté d’Aroostook, juste de l’autre côté de la frontière américaine, au Maine et le Bas-Saint-Laurent.

Jean-Pierre Ouellet, le maire de Haut-Madawaska, a lancé en début de semaine dernière une pétition en faveur d’une bulle étendue, c’est-à-dire qui inclurait le Témiscouata et le Madawaska, mais aussi le comté d’Aroostook et le Bas-Saint-Laurent (Kamouraska, Rivière-du-Loup et la Péninsule gaspésienne.)

Son objectif: faire pression pour renouer le plus rapidement possible les communautés frontalières qui partagent tant de liens culturels, qu’économiques et sociaux avec le Madawaska.

«Je pense que ça serait le temps de commencer graduellement à ouvrir ces frontières. Je sais que le gouvernement vise à ouvrir les frontières à l’intérieur du Canada en juillet, dépendamment du plan de vaccination, mais je pense qu’on ne devrait pas attendre à ce temps-là pour élargir les frontières avec ces régions», a affirmé le maire.

M. Ouellet estime que si les Néo-Brunswick peuvent circuler dans les grands centres comme Fredericton, Moncton, Saint-Jean et Halifax, il faut aussi considérer les endroits clés à la reprise économique et sociale au Nord-Ouest.

«Nous, notre économie dans le Nord de la province, ça ne vient pas de ces coins-là», a insisté l’homme du Haut-Madawaska.

«Ça vient de la région du Bas Saint-Laurent, où il y a beaucoup de circulations, ou beaucoup de Québécois possèdent des entreprises au Nouveau-Brunswick et vice-versa, ou il y a plusieurs familles également.»

Le maire soulève des affinités semblables avec le comté d’Aroostook.

«Il y a beaucoup de personnes qui sont mariées ou en relation avec des gens du Maine, notamment à Fort-Kent. Il y a aussi des gens qui travaillent du côté américain et des Américains qui travaillent du côté canadien.»

M. Ouellet est d’avis que les familles ont besoin d’être réunies et de regagner leur propriété aussitôt que possible.

«À un moment donné, ça devient difficile sur la santé mentale. Je comprends que la Santé publique veut éviter la propagation du coronavirus, mais je pense qu’on est rendu à un point ou le système de vaccination est commencé, ou l’on peut avoir accès à des tests de dépistage de COVID beaucoup plus vite qu’au début et donc je pense qu’on peut commencer graduellement et tranquillement à ouvrir nos frontières.»

Le maire du Haut-Madawaska entend continuer de réclamer au gouvernement provincial l’inclusion du Bas-Saint-Laurent dans la nouvelle bulle qui devrait entrer en vigueur le 19 avril.

En date de vendredi, il aurait récolté quelque 600 signatures.

Pour ce qui est de la frontière avec le Maine, la décision revient aux gouvernements fédéraux.

Justin Trudeau aurait écarté la possibilité d’une réouverture imminente de la frontière canado-américaine, lundi dernière, mais M. Ouellet garde espoir, surtout à la lumière des nouvelles recommandations faites par un groupe d’experts et d’anciens politiciens cette semaine.

«Le temps presse» 

Un groupe d’experts et d’ex-politiciens du Canada et des États-Unis ont en effet sonné l’alarme jeudi sur le besoin urgent de prendre au sérieux la réouverture de la frontière commune, rapportait la Presse.

Un groupe de travail constitué par l’Institut canadien du Wilson Center, établi à Washington, a réuni plusieurs experts du commerce international et des voyages pour réfléchir sur la marche à suivre.

Le consensus est écrasant: le temps presse.

En plus des conséquences économiques bien documentées, en particulier au sein des communautés proches des frontières, le groupe de travail aurait reconnu que les restrictions de voyage depuis un an font des ravages sur la santé mentale.

«Je pense que certains des impacts les plus importants sont les coûts sociaux que nous ne pouvons tout simplement pas monétiser, comme ne pas pouvoir être présent pour la naissance d’un enfant ou la mort d’un être cher », a déclaré Laurie Trautman, directrice du Border Policy Research Institute de l’Université Western Washington à Bellingham à la Presse.

«Je pense qu’une grande partie de ces répercussions, qui sont ressenties dans bon nombre de régions des États-Unis et du Canada, est vraiment éclipsée par les impacts que nous pouvons monétiser.»

Le comité a aussi consulté un certain nombre de membres du Congrès, y compris le représentant démocrate de New York Brian Higgins, qui a fait pression sur le président Biden pour qu’il commence à se pencher maintenant sur un processus qui permettrait à la frontière de rouvrir début juillet.

Se rapprocher de la «parité» vaccinale serait une étape « cruciale » vers la réouverture de la frontière, a déclaré M. Higgins dans une entrevue avec la Presse.

«Nous devons nous entraider parce que […] nos économies sont profondément intégrées, les États-Unis et le Canada, et que notre qualité de vie est profondément dépendante l’une de l’autre.»

M. Higgins a dit souhaiter que les deux pays élargissent ce qu’ils considèrent comme des «voyages essentiels» et développent un système permettant aux personnes vaccinées de traverser la frontière.

«J’ai été vacciné. Pourquoi ne puis-je pas aller au Peace Bridge (le pont frontalier qui relie Buffalo, dans l’État de New York à Fort Erie, en Ontario) et certifier que j’ai été vacciné, et certifier que je vais porter un masque pour que – si j’ai un virus et que je suis asymptomatique – je n’infecte personne d’autre ? », a-t-il fait valoir.

«Je pense juste que c’est devenu exagéré. Et je pense que les gens de bonne volonté… peuvent trouver un accord, à tout le moins, pour élargir la catégorie de qui est un voyageur essentiel, en chemin vers une ouverture complète de la frontière.»

  • Avec des extraits de la Presse canadienne.

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