Vaccination: la cible de juin demeure atteignable

La province devra encore accroître la cadence si elle souhaite atteindre son objectif d’administrer une dose de vaccin contre la COVID-19 à tous les citoyens d’ici la fin juin, un objectif qui demeure atteignable d’après des observateurs consultés par l’Acadie Nouvelle.

Depuis quelques semaines, la campagne de vaccination contre la COVID-19 s’est accélérée au Nouveau-Brunswick.

D’après les chiffres fournis par la province, près de 13 000 doses du vaccin ont été injectées entre le 15 et le 22 mars. Entre le 28 mars et le 4 avril, 32 047 doses avaient été administrées.

Bien que la cadence s’accélère, force est de constater que la vitesse devra encore augmenter afin d’arriver à administrer au moins une dose aux 661 500 Néo-Brunswickois de plus de 16 ans admissibles à la vaccination avant la fin juin.

En effet, 109 973 citoyens ont reçu au moins une dose du vaccin depuis le début de la campagne d’immunisation. Fredericton devra donc injecter 45 960 doses par semaine au cours des trois prochains mois si elle souhaite respecter l’échéancier qu’elle s’est fixé. C’est près de 14 000 doses hebdomadaires supplémentaires.

Claire Johnson, professeure en gestion des services de la santé à l’Université de Moncton, croit néanmoins que la cible demeure atteignable.

«La campagne de vaccination ne tourne pas à plein régime et je crois que nous serons capables d’accélérer si nous recevons plus de doses de vaccin», analyse Mme Johnson, qui est professeure à l’École des hautes études publiques.

Dennis Abud, propriétaire de deux pharmacies à Dieppe et membre du conseil d’administration de l’Association des pharmaciens du Nouveau-Brunswick, abonde dans le même sens. Les pharmacies prennent les mesures qui s’imposent afin de respecter l’échéancier de juin.

«Mardi et mercredi, nous allons administrer 180 vaccins dans l’une de mes pharmacies et 120 dans l’autre. Ça peut paraître peu, mais c’est 300 vaccins dans deux pharmacies. Je ne sais pas combien de doses mes collègues ont reçues, mais si l’on extrapole ça aux quelque 200 autres pharmacies de la province, ça commence à en faire beaucoup. Je crois qu’on va voir un autre bond dans les chiffres cette semaine», avance-t-il.

La campagne devrait d’ailleurs encore s’accélérer très prochainement, dit-il, puisque le calendrier de vaccination de la province prévoit que les 60 à 74 ans seront vaccinés en avril et mai.

«Ça va être du sport, il y a beaucoup de citoyens dans cette tranche d’âge, donc on s’est ajustés en conséquence. On a trouvé du personnel pour nous aider à gérer les rendez-vous et des infirmières pour injecter les vaccins, donc on va être bon pour continuer à répondre à la demande», précise M. Abud.

Bientôt des renforts

Les réseaux de la santé viendront bientôt prêter main-forte aux pharmaciens dans leurs efforts de vaccination, ajoute Dennis Abud.

«Une fois qu’elles auront terminé la vaccination chez les citoyens avec des problèmes de santé, elles devraient être en mesure de nous donner un coup de main en organisant des cliniques de vaccination communautaire, comme on a pu en voir en fin de semaine à Edmundston», dit-il.

Le ministère de la Santé explique pour sa part «que le calendrier du plan de vaccination contre la COVID-19 du Nouveau-Brunswick dépend de la disponibilité des vaccins et des quantités envoyées par le gouvernement fédéral.»

«Toutes les doses que nous recevons sont assignées à des cliniques, a écrit dans un courriel un porte-parole du ministère. Au fur et à mesure que nous recevons plus de vaccins, nous serons en mesure de les assigner aux cliniques partout dans la province.»

Puisque l’atteinte des objectifs que s’est fixée la province dépend en grande partie de l’approvisionnement fédéral, Claire Johnson est d’avis que la flexibilité des autorités sanitaires doit demeurer de mise.

«Il faut savoir s’ajuster pour trouver des solutions lorsqu’il y a des imprévus, ce que la province a su faire jusqu’à présent. Récemment, toutes les cliniques pour vacciner les enseignants ont été annulées à cause des changements de consigne pour le vaccin d’AstraZeneca et on a quand même réussi à utiliser ces doses», se réjouit-elle.