Violence sexuelle: un meilleur accès aux soins pour certaines victimes

Le gouvernement modifiera une politique pour que les victimes de violence sexuelle dans d’autres provinces puissent recevoir de l’aide aux victimes au N.-B., à la suite d’une intervention d’une députée de l’opposition.

Accéder aux services aux victimes de violence sexuelle n’est pas toujours simple, et plusieurs personnes ne reçoivent pas l’aide dont elles ont besoin, selon Megan Mitton, députée de Memramcook-Tantramar.

Des victimes tombent parfois entre les mailles du filet. La députée du Parti vert a expliqué en chambre, à la fin mars, qu’une famille qui habite dans sa circonscription s’est heurtée à ce problème au cours des dernières années.

Une personne habitant dans sa circonscription a été victime de violence sexuelle dans une autre province, selon la députée, qui n’a pas voulu identifier la personne.

Une fois de retour au N.-B., la famille de la victime a tenté d’obtenir de l’aide auprès des services aux victimes pendant «des années». Ce processus a été ralenti par le fait que l’agression n’avait pas été commise dans la province.

«Le parent a essayé de naviguer le système, de trouver de l’aide pour son enfant, et a lutté beaucoup pour (recevoir de l’aide).»

Le mois dernier, Megan Mitton a reçu une lettre du ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Hugh Flemming, l’avisant que cette politique allait être révisée pour que les résidents néo-brunswickois victimes d’agressions dans d’autres provinces puissent avoir accès à ces services au N.-B.

On y explique que la Loi sur les services aux victimes prévoit des services pour les victimes de crimes commis au N.-B., et que la province où le crime a été commis est généralement le premier point de contact pour les victimes.

Dans le cas d’une agression à l’extérieur de la province, les coordonnateurs des services aux victimes travaillent de relais avec leurs homologues des autres provinces pour s’assurer que les droits des victimes soient respectés, y compris en ce qui concerne l’accès à des ressources comme des séances de consultation.

Ce modèle est généralement efficace, mais la politique sera modifiée pour éviter que d’autres personnes tombent entre les mailles du filet, d’après la lettre, dont l’Acadie Nouvelle a obtenu copie.

«Le parent voulait s’assurer que ça n’arrive pas à d’autres victimes», dit Megan Mitton, qui trouve cette réponse du gouvernement encourageante.

Un obstacle parmi d’autres

Megan Mitton estime toutefois que plusieurs autres obstacles se dressent devant les victimes de violence sexuelle qui veulent obtenir des soins ou dénoncer leurs agresseurs.

Elle a déposé une motion à ce sujet en mars.

Elle vise à pousser le gouvernement à accroître le financement aux maisons de transition et aux autres services de première ligne pour les victimes de violence sexuelle, y compris sur les campus d’universités publiques.

«On sait que c’est un gros problème sur les campus, et il faut s’assurer qu’il y a des services disponibles pour les étudiants.»

La question est particulièrement sensible à l’Université Mount Allison, où une manifestation a éclaté à l’automne face au manque d’actions de l’établissement contre la violence sexuelle.

L’Université a promis des changements à ses politiques depuis cette manifestation, et le gouvernement provincial a annoncé des tables rondes pour discuter de la question.

La ministre responsable de l’Égalité des femmes, Tammy Scott-Wallace, a affirmé en mêlée de presse le 26 mars que le gouvernement «fait beaucoup de progrès» sur le dossier de la violence sexuelle sur les campus universitaires, et que des représentants du gouvernement vont rencontrer les dirigeants d’universités au cours des prochaines semaines.