Le pont-jetée de la Petitcodiac est désormais fermé à la circulation

La population n’aura pas accès au pont-jetée qui relie Moncton à Riverview en cours des six prochains mois alors que s’achèvera la construction du nouveau pont partiel attendu depuis plusieurs décennies.

L’ambitieux projet de 61,6 millions $ entre dans sa dernière phase. Le pont-jetée tant décrié est fermé depuis lundi après-midi. Au cours des prochaines semaines, les équipes de construction procéderont au réalignement du chenal de la rivière Petitcodiac sous le nouveau pont de 280 mètres dont le tablier a déjà été érigé. Des travaux seront aussi nécessaires pour démanteler le pont à vannes existant et bâtir les voies d’accès et les raccordements au pont.

Dès la première semaine de juin, le cours d’eau devrait couler librement sous la nouvelle structure. Les automobilistes devront patienter jusqu’au mois d’octobre pour emprunter cette voie de communication.

Entretemps, toute la circulation entre les deux villes sera détournée vers le pont Gunningsville. Près de 26 500 véhicules l’empruntent habituellement chaque jour mais ce chiffre pourrait doubler.

Dès mardi matin, un embouteillage s’était formé sur le pont et le long du chemin Coverdale en direction de Moncton mais le trafic est resté fluide dans l’autre sens. Malgré un pic de circulation de 8h à 8h30, plusieurs résidents ont été agréablement surpris par un délai moins long que beaucoup l’anticipaient.

«Les choses semblent s’être bien déroulées ce matin», s’est félicité la mairesse de Riverview, Ann Seamans.

«Les retards pour les navetteurs voyageant de Riverview à Moncton semblaient être de l’ordre de 15 à 30 minutes. Nous espérons que les conducteurs continueront à se donner plus de temps et à faire preuve de patience dans les mois à venir pendant que le pont sera terminé. C’est une douleur à court terme pour un gain à long terme.»

Au cours des derniers jours, les municipalités de Moncton et de Riverview ont suggéré aux automobilistes de modifier leurs heures de travail, et de limiter leurs déplacements d’un bord à l’autre du cours d’eau pour limiter la congestion. Elles ont d’ailleurs installé des caméras à chaque extrémité du pont pour permettre aux citoyens de s’informer en direct sur l’état de la circulation avant de prendre la route.

On propose aussi de se tourner vers les autobus, le covoiturage ou des moyens de transport actifs comme la marche ou le vélo. Codiac Transpo a donc ajouté un trajet de plus pendant la semaine.

Cette étape finale vers la restauration de la rivière est une grande satisfaction pour Ronald Babin, le président des Sentinelles de la Petitcodiac. Le nouveau pont permettra à la rivière de retrouver son débit naturel et de soulager un écosystème malmené.

«C’est un nouveau chapitre, nous passons de la rivière la plus menacée au pays à la réalisation du plus grand projet de restauration d’une rivière au Canada. C’est historique et ça doit être célébré», lance-t-il.

L’association entend désormais alimenter les discussions sur l’avenir du cours d’eau. Ronald Babin vante déjà le potentiel récréotouristique de la Petitcodiac, évoquant les possibilités de développement de la pêche sportive, d’activités sur l’eau et autres projets d’écotourisme. «C’est un retour vers la rivière qui est en train de se faire», s’enthousiasme l’environnementaliste.

Un financement de 90 millions $ a en outre été investi pour améliorer le traitement des eaux usées du Grand Moncton. Ce projet, qui vise à purifier les rejets déversés dans la rivière, devrait se terminer cet automne dans les installations de Transaqua, à Riverview.

«Le bioréacteur, les clarificateurs secondaires et l’équipement de traitement des boues ont été mis en service à la mi-décembre 2020. Le bâtiment de chargement des boues est en cours de construction et la construction du biofiltre et du bâtiment de désinfection par UV commencera au printemps 2021», peut-on lire dans la dernière mise à jour de l’organisme.