L’Hôpital régional d’Edmundston déborde

L’unité de soins intensifs à l’Hôpital régional d’Edmundston a atteint sa capacité, mardi. Les patients de la grande région d’Edmundston atteints de la COVID-19 qui doivent être admis seront désormais dirigés vers Fredericton.

Le Nord-Ouest craignait ce scénario depuis le début.

L’augmentation continue du nombre d’admissions de patients atteints de la COVID-19 dans la région a fini par avoir raison sur les ressources disponibles.

Mardi, neuf des dix ventilateurs à l’hôpital régional d’Edmundston étaient occupés par des patients COVID.

L’établissement n’a donc d’autres choix que de limiter les nouvelles admissions pour s’assurer d’offrir des soins sécuritaires aux patients et se permettre une flexibilité en cas d’urgence.

La situation devrait être réévaluée de façon quotidienne, mais les mesures actuelles demeureront en place jusqu’à au moins jeudi.

«Le variant britannique frappe la région d’Edmundston avec une force qui nous était encore inconnue avec la COVID-19», a déclaré la Dre France Desrosiers, présidente-directrice générale au Réseau de santé Vitalité dans un communiqué émis mardi.

«Un nombre élevé de patients atteints de ce variant doit être admis en raison de la gravité des symptômes qui nécessitent des soins aigus.»

Le réseau de santé Vitalité explique que les patients d’Edmundston qui ne sont pas atteints de la COVID-19 mais qui doivent être admis seront redirigés vers l’Hôpital général de Grand-Sault, l’Hôtel-Dieu Saint-Joseph de Saint-Quentin, l’Hôpital régional de Campbellton et l’Hôpital régional Chaleur.

Ces transferts seront effectués par ambulance.

Un risque de propagation?

La Dre Desrosiers reconnaît que tous les transferts de patients, qu’ils soient infectés ou non, constituent un risque en période pandémique.

Elle assure toutefois que des précautions sont prises pour éviter de propager le virus dans d’autres zones jusqu’à maintenant épargnées.

Ces mesures ressemblent beaucoup à celles déjà prises depuis le début de la crise sanitaire.

«Tous les travailleurs de santé qui s’occupent des patients COVID portent des équipements de protection de haute performance. En principe, il ne devrait pas y avoir de contamination», a-t-elle affirmé.

«En plus, dans notre décision, on a aussi pris en considération qu’on les transférait dans des soins intensifs ou il a déjà un patient COVID d’hospitalier.»

Ceci évite de créer de nouveaux milieux contaminés, a-t-elle précisé.

Lors des déplacements, la PDG du Réseau explique que la responsabilité reviendra à Ambulance Nouveau-Brunswick de veiller à éviter les contaminations.

«Ambulance Nouveau-Brunswick a des professionnels qui portent également leur équipement de protection et ont suivi toutes les formations», a-t-elle signalé.

Pour ce qui est des patients qui ne sont pas atteints de la COVID-19, mais qui devront être redirigés vers d’autres hôpitaux, Dre Desrosiers indique qu’ils seront considérés comme potentiellement infectés, par précaution.

«(…)Ils sont toujours placés en protection gouttelette, c’est-à-dire traités avec la protection comme s’ils étaient positifs même s’ils ne le sont pas. Ceci nous permet de contourner le risque.»

Du «cas par cas»

Comment les professionnels de la santé décideront quel patient transférer et où?

La Dre Desrosiers explique qu’ils se baseront sur deux facteurs: l’intensité de soins que nécessite l’individu et la capacité d’accueil des différents hôpitaux.

«C’est vraiment du cas par cas (…)», a-t-elle souligné.

«C’est vraiment variable. Ça change, ça change même plusieurs fois par jour parce que dans ces centres hospitaliers là, il y a des patients qui arrivent par la porte de l’urgence. Une journée (ils peuvent être transférés) à une place et celle d’après une autre.»

La PDG a toutefois indiqué que les patients les plus stables seront évidemment transférés en premier.

«Dans le fond, on veut identifier les patients qui sont les plus stables possible pour éviter d’augmenter les risques pendant le transfert. Les patients qui sont soit en voie de s’améliorer ou qui ne sont pas encore détériorés seraient probablement notre clientèle cible.»

L’hôpital régional Dr Everett Chalmers à Fredericton, où les patients COVID du Nord-Ouest devraient être redirigés, soignerait déjà un ou deux patients infectés du nouveau virus, selon la docteure.

L’établissement aurait la capacité d’en suivre de neufs à dix sur ventilateurs, en plus de ceux à l’unité COVID qui ne nécessitent pas de ventilation mécanique.

Mardi, 18 Néo-Brunswickois sont hospitalisés dont 12 aux soins intensifs.

Il s’agit d’un record.

L’âge des personnes admises dans les unités de soins intensifs à travers la province varie de 25 à 80 ans.