Pêche au crabe des neiges: des débuts encourageants malgré le naufrage du FV Tyhawk

Tout comme quelques victoires du Canadien de Montréal en début de saison ne garantit pas une Coupe Stanley, de bonnes prises au début de la saison de pêche du crabe des neiges ne signifient pas qu’il n’y aura pas d’imprévus en cours de route!

Par contre, les crabiers ont entamé la saison de pêche 2021 sur une bonne note dans la zone 12, qui couvre la majeure partie du sud du golfe du Saint-Laurent. La saison a pris son envol le 3 avril à minuit, dans la nuit de vendredi à samedi.

Le gouvernement fédéral a donné le feu vert aux travaux de déglaçage au début mars pour que les pêcheurs prennent la mer le plus tôt possible. L’objectif est de leur permettre de capturer une partie importante de leur quota avant l’arrivée des baleines noires, une espèce en voie de disparition, plus tard au printemps.

La présence d’une baleine dans le golfe du Saint-Laurent peut enclencher des fermetures temporaires et saisonnières de zones de pêche.

Les premiers débarquements ont eu lieu lundi et mardi, mais il est trop tôt pour tirer des conclusions en ce qui concerne les semaines à venir.

«On peut dire que c’est un début encourageant dans le sens que les prises semblent être au rendez-vous et le crabe semble être d’une bonne qualité commerciale. Cependant, on dit qu’une hirondelle ne fait pas le printemps et une première pêche ne fait pas une saison non plus», dit Paul Robichaud, conseiller aux pêches et chargé de projet à l’Association des pêcheurs professionnels crabiers acadiens (APPCA), basée à Shippagan.

Comme cela est le cas à chaque début de saison, les prix au débarquement sont difficiles à établir. Dans une poissonnerie de la Péninsule acadienne, une livre de crabe des neiges de la Péninsule acadienne se vendait mardi à 13,95$.

Départ hâtif

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le début hâtif n’a pas occasionné plus de bris mécaniques aux bateaux, malgré la présence de glace dans l’eau. La Fédération régionale acadienne des pêcheurs professionnels (qui chapeaute l’APPCA) gère aussi le Centre de services maritimes aux pêcheurs.

«On n’a pas détecté plus de réparations à faire en ce début de saison par rapport aux années précédentes. Comme chaque année, il y a des situations où il y a eu des bris mécaniques quelconques, mais on ne peut pas l’attribuer au départ hâtif», dit Paul Robichaud.

Par contre, des leaders communautaires de la région de Kent estiment que le départ hâtif a joué un rôle dans le naufrage du FV Tyhawk, qui appartenait à la Première Nation d’Elsipogtog. Deux des cinq membres de l’équipage ont perdu la vie.

L’ancienne chef d’Elsipogtog, Susan Levi-Peters a affirmé au réseau CBC que la communauté n’a que des petits bateaux pour pratiquer cette pêche qui exige de plus grands bateaux.

L’APPCA préfère attendre les conclusions du Bureau de la sécurité des transports du Canada avant de se prononcer. Plusieurs pêcheurs ont été fortement ébranlés par cette tragédie, fait savoir M. Robichaud.

«Je présume qu’il va y avoir une enquête et on va laisser l’enquête déterminer la cause, mais ça nous rappelle que la pêche demeure un métier dangereux.»