Surcharge de patients dans deux hôpitaux du Sud-Est: «Ça ne s’est pas amélioré du tout!»

La surcharge de patients au CHU Dumont et à l’Hôpital Stella-Maris de Kent ne s’est pas améliorée depuis jeudi, selon le Dr Martin Robichaud, directeur médical régional chez Vitalité.

Le Réseau de santé Vitalité a mis en place des mesures pour tenter de limiter un débordement de patients dans ces deux hôpitaux.

Cette semaine, les admissions sont limitées aux cas qui nécessitent absolument une hospitalisation et seules les chirurgies urgentes seront effectuées. La situation sera réévaluée à la fin de la semaine pour voir si ces mesures sont toujours nécessaires.

Le CHU Dumont est à 105% de sa capacité, selon le Dr Martin Robichaud.

«Ça ne s’est pas amélioré du tout. Je ne m’attends pas à voir la lumière au bout du tunnel prochainement. J’espère voir les effets de nos mesures d’ici vendredi. J’espère que ce sera positif, mais avec ce que je vois, je pense qu’on sera (encore) dans le même bateau», dit-il mardi.

Ces mesures ont été mises en place à cause de plusieurs problèmes «chroniques», d’après lui.

Le débordement de patients s’ajoute à un manque d’infirmières et d’autres travailleurs, ce qui aggrave la pression dans ces deux hôpitaux.

Ces problèmes n’ont rien de neuf – cela dure depuis des années – mais le Dr Robichaud affirme que la situation s’est graduellement empirée ces derniers mois et qu’elle a maintenant atteint un point critique.

Les hôpitaux perdent du personnel infirmier qui part soit à la retraite ou vers d’autres emplois, et la formation de nouvelles infirmières chaque année ne parvient pas à combler les postes libres.

«On tombe en négatif chaque année.»

Il ajoute que l’épuisement pousse certaines infirmières à prendre des congés maladie, mais que cela n’est pas la cause principale de la pénurie de travailleurs.

«Si on veut passer au travers des prochaines années, ça va être important de solutionner le problème des ressources humaines dans nos institutions et dans le système de santé au complet», dit-il en ajoutant que des stratégies de recrutement «agressives» sont nécessaires au Canada et à l’international.

À sa connaissance, il n’y a pas de travailleur de la santé en isolement préventif en raison d’une exposition à la COVID-19.

Il affirme que des employés ont été mutés à cause du transfert de patients d’Edmundston à Moncton, mais qu’il s’agit d’inhalothérapeutes et qu’il ne s’agit pas là de la cause du débordement au CHU Dumont et à l’Hôpital Stella-Maris de Kent.

«On assure quand même notre capacité d’urgence de base», assure-t-il.

Des patients en attente des foyers de soins

Le Dr Martin Robichaud affirme que plusieurs lits sont occupés par des personnes qui pourraient être soignées dans des foyers de soins.
«On a 65 patients en attente d’aller dans un foyer de soins qui sont dans nos lits. Ce sont deux unités de soins», dit-il.

Des nouveaux patients ne peuvent donc pas avoir accès à ces lits de soins aigus.

«Les patients doivent soit rester dans les corridors à l’étage, soit être dans des salles d’examen à l’urgence. Ça crée un problème, parce que là on ne peut plus voir les patients qui arrivent à l’urgence par la porte d’entrée ou par ambulance», explique-t-il.

Depuis jeudi, le personnel «fouille à droite et à gauche» pour trouver de la place.

Selon le docteur, l’hôpital a réexaminé les dossiers de tous ses patients qui ne sont pas en attente d’un lit dans un foyer de soins afin de voir s’il ne serait pas possible d’accélérer leur congé et de leur donner des soins à domicile.

Mais les hôpitaux effectuent déjà cette vérification régulièrement en temps normal, selon le docteur.

Cette semaine, cela n’a permis de libérer qu’un petit nombre de lits qui ont tout de suite été remplis.