Retour des élèves en classe dans le Nord-Ouest: la bonne décision?

Des centaines d’élèves sont retournés en classe cette semaine au Nord-Ouest alors que la région se bat pour freiner la propagation du variant britannique. La décision est loin de faire l’unanimité, mais le ministre de l’Éducation, Dominic Cardy, maintient qu’il s’agit de la meilleure décision pour les élèves à ce moment-ci.

Plus tôt cette semaine, Francine Landry, la présidente du caucus libéral et députée de Madawaska-Les-Lacs- Edmundston, avait réclamé au gouvernement de mettre en place un enseignement à distance pendant quelques jours au moins avant de renvoyer les élèves de la zone 4 en classe.

La députée de la circonscription de Madawaska-les-Lacs-Edmundston, Francine Landry. – Archives

Elle soulignait que plusieurs parents et enseignants étaient préoccupés par la récente flambée de cas.

Ce serait toujours le cas aujourd’hui, selon elle.

«Ils sont inquiets par les variants, le nombre de cas dans la région, le nombre d’hospitalisation et de personnes aux soins intensifs. En fait, ce qui préoccupe surtout les parents, c’est que le virus touche de plus en plus de jeunes parents», a-t-elle expliqué.

Mardi, l’École primaire de Saint-Jacques, Notre-Dame et Grande-Rivière ainsi que la Polyvalente Thomas-Albert ont rouvert leurs portes aux élèves.

Mercredi, c’était au tour du Carrefour de la Jeunesse, de l’École régionale de Saint-Basile et de l’école Mgr Lang.

Selon le District francophone secondaire Nord-Ouest (DSFNO), seulement 17% des élèves étaient absents dans les écoles primaires lors de cette première journée; 6% étaient absents au secondaire, excluant ceux qui étaient en apprentissage virtuel.

Mme Landry se questionnait aussi à savoir si les mesures sanitaires mises en place dans les écoles sont adaptées au nouveau variant de la COVID-19, qui serait plus contagieuse et toucherait davantage de jeunes.

Est-ce que l’école est toujours l’un des endroits «les plus sécuritaires» pour les jeunes, comme l’a affirmé à plusieurs reprises le gouvernement provincial?

La politicienne en doute.

Si c’est le cas, elle est tout de même déçue que le ministère de l’Éducation n’ait pas voulu réévaluer sa décision face aux inquiétudes des parents et du personnel scolaire.

Cardy empathique, mais confiant

Le ministre de l’Éducation et du Développement de la petite enfance, Dominic Cardy, se dit pour sa part compréhensif envers les inquiétudes des parents, des élèves et des gens de la communauté.

Il est toutefois sûr que les élèves du Nord-Ouest sont toujours en sécurité à l’école, malgré la situation critique.

Sinon, la Santé publique n’aurait pas hésité à fermer leurs portes, selon lui.

«On a vécu maintenant des mois et des mois avec les écoles ouvertes pendant la pandémie et elles sont clairement des endroits assez sécuritaires, qui sont gérés par des enseignants et une équipe professionnelle bien formée», a-t-il assuré lors d’une entrevue mercredi après-midi.

«On voit aussi que l’école a (un effet positif) pour adresser les problèmes de santé mentale.»

Le ministre rappelle que si un seul cas est confirmé dans une école située en phase rouge, celle-ci sera fermée pour un minimum de trois jours.

Au secondaire, il indique de plus les jeunes de 16 ans et plus seront vaccinés s’il arrive la moindre éclosion.

Aucune mesure supplémentaire n’est toutefois prévue dans les établissements scolaires du Nord-Ouest pour le moment, a confirmé le ministre.

Le ministre de l’Éducation et du Développement de la petite enfance, Dominic Cardy. – Archives

«On ne prévoit pas de changement parce que les mesures qu’on a mises en place depuis septembre nous ont bien servi comme province et comme système d’éducation au cours des derniers mois.»

M. Cardy a avoué partager les inquiétudes de la plupart des gens du Nord-Ouest en lien avec le variant britannique et son apparent effet sur les jeunes gens.

«Il y a beaucoup de jeunes enseignants et de jeunes adultes qui travaillent dans les écoles, comme concierge, conducteur d’autobus, aide-enseignant, psychologue d’école. C’est une population d’âge différent qui travaille dans le système et dont plusieurs seront maintenant pleinement dans la cible du variant britannique. C’est absolument quelque chose qui m’inquiète, mais c’est pour ça que les mesures contre le COVID ne doivent jamais être réservées aux écoles, et doivent impliquer toute la communauté», a-t-il témoigné.

Ceci dit, le ministre croit toujours que les élèves sont mieux lotis dans un milieu «structuré» comme l’école ou leurs contacts sont forcément limités pendant la journée.

M. Cardy a affirmé que les élèves du secondaire sont toujours censés retourner à l’école à plein temps à partir de lundi prochain (12 avril).

«C’était quelque chose que la Santé publique a fortement recommandé, ce n’est pas une recommandation qui est venue du système d’éducation. Si elle change de direction, je vais l’entendre, mais jusqu’à présent, elle n’a rien communiqué sur cette position.»