Moncton: 700 millions $ pour un nouveau centre de recherche

Le gouvernement fédéral investira 700 millions $ d’ici 2030 afin de moderniser le Centre des pêches du Golfe, à Moncton, et y construire les nouvelles installations scientifiques du Centre d’entreprise des sciences de l’Atlantique (CESA).

En 2017, le gouvernement du Canada avait annoncé que le Centre des pêches du Golfe serait réaménagé afin de créer le CESA.

Dominic LeBlanc, ministre des Affaires intergouvernementales et député libéral de la circonscription de Beauséjour, et Ginette Petitpas-Taylor, députée de Moncton-Riverview-Dieppe, ont présenté les suites de ce projet lors d’un point de presse, jeudi.

Il s’agit du «projet d’investissement en infrastructure fédéral le plus important du Canada atlantique depuis la construction du pont de la Confédération», note M. LeBlanc.

L’initiative vise la construction d’un imposant centre de recherche derrière l’édifice de l’ancien Collège Notre-Dame d’Acadie, qui abrite aujourd’hui le Centre des pêches du Golfe. Ce bâtiment sera préservé et rénové dans le cadre des travaux.

Services publics et Approvisionnement Canada est à la recherche de firmes qui veilleront à la gestion des travaux de construction et assureront les services d’architecture et d’ingénierie pour la conception du projet.

«C’est un investissement fédéral massif, ici à Moncton, qui va non seulement préserver le patrimoine de cet édifice important, mais aussi créer un centre de recherche de calibre mondial», explique M. LeBlanc.

Ce centre de recherche à la fine pointe de la technologie aura comme mandat de mener des travaux «axés sur l’amélioration de la durabilité des ressources en eau douce et en eau salée de l’Atlantique, et sur la surveillance et la protection de la santé des écosystèmes côtiers du golfe du Saint-Laurent et des régions de l’océan Atlantique.»

D’après M. LeBlanc, les activités du CESA seront essentielles afin d’assurer la pérennité de l’industrie des pêches au cours des prochaines décennies, un secteur dont dépendent des dizaines de milliers de personnes au Canada atlantique.

Renforcer la capacité fédérale en recherche

Le nouveau centre de recherche s’inscrit dans la stratégie Laboratoires Canada, un plan du gouvernement qui vise à moderniser son infrastructure de recherche afin d’appuyer les travaux des scientifiques fédéraux.

«Nos installations scientifiques datent de plus de 40 ans, il y a un renouvellement nécessaire pour nous permettre de répondre aux besoins de recherche du Canada», explique Serge Doucet, directeur général de Pêches et Océans dans la région du Golfe.

Le centre abritera donc sous un même toit les services scientifiques, et certains services administratifs, du ministère de Pêches et Océans Canada, d’Environnement et Changement climatique Canada, de l’Agence canadienne d’inspection des aliments et du Conseil national de recherches du Canada.

Des laboratoires, des équipements et des réseaux informatiques de pointe y seront aménagés afin de faciliter les collaborations entre les scientifiques du gouvernement fédéral et augmenter leur capacité de recherche. Grâce à cette infrastructure moderne, l’Agence spatiale canadienne figurera aussi parmi ses partenaires virtuels du nouveau centre.

«Grâce à notre partenariat avec l’Agence spatiale canadienne, on va pouvoir utiliser leurs satellites pour identifier les baleines présentes dans le golfe du Saint-Laurent, illustre M. Doucet. C’est un exemple parfait des manières que les agences fédérales peuvent établir des partenariats collaboratifs sans avoir à déménager des effectifs.»

Dominic LeBlanc estime d’ailleurs que le nouveau centre de recherche sera en quelque sorte un «campus scientifique qui permettra d’appuyer les activités de recherche de toute la communauté scientifique de la région.» L’Institut Atlantique de recherche sur le cancer, situé au Centre hospitalier universitaire Dr-Georges-L.-Dumont, est à un jet de pierre du CESA, remarque-t-il.

Plus de 700 personnes travailleront dans les nouveaux locaux du CESA qui seront deux fois plus grands que l’actuel Centre des pêches du Golfe. Environ 375 personnes y travaillent aujourd’hui.

Le fédéral prévoit que les travaux préparatifs pour la construction devraient débuter d’ici 18 mois et on estime qu’il faudra entre trois et quatre ans pour la construction des nouveaux laboratoires.

L’édifice de l’ancien Collège Notre-Dame d’Acadie, dont Pêches et Océans est propriétaire depuis 1982, sera rénové une fois les travaux du centre de recherche terminés, le tout dans le «respect des principaux éléments patrimoniaux de la structure actuelle.» L’ensemble du projet devrait être achevé en 2030.

Des aires d’interprétation interactives ouvertes au public sont aussi prévues sur le site. On souhaite notamment y présenter l’historique du Centre des pêches du Golfe. Le CESA espère aussi offrir des activités scientifiques offertes à la collectivité et présenter des occasions afin de collaborer avec les groupes autochtones.