Un homme raconte son «histoire d’horreur» à l’Hôpital de Tracadie

Un homme de la Péninsule acadienne exige des excuses auprès du ministère de la Santé et du Réseau Vitalité après avoir vécu, il y a quelques semaines, une «histoire d’horreur» à l’Hôpital de Tracadie.

Pour Mario Aubin, de Tracadie, tout a commencé la semaine du 8 mars et a culminé dans la nuit du 11 au 12 mars. Il a subi une crise cardiaque.

Ce soir-là, vers 23h, la douleur étant insupportable, il se rend seul, de peine et misère, à la salle d’urgence de l’Hôpital de Tracadie pour des soins.

À son arrivée, les portes de l’hôpital étant verrouillées la nuit. Il appuie sur la sonnette pour accéder à l’édifice. En raison de la douleur persistante, il s’est accroupi pour minimiser les blessures s’il devait tomber et perdre connaissance.

«Je pouvais à peine répondre aux questions sur la COVID-19 en raison de la douleur insupportable», écrit-il dans une lettre qu’il a envoyée à Dorothy Shephard, ministre provincial de la Santé et à plusieurs responsables du Réseau Vitalité.

Éventuellement, une infirmière le reçoit pour une première évaluation et il subit un test ECG pour dépister de potentiels problèmes cardiaques.

«Comme je l’ai découvert plus tard, le test n’a pas montré mon véritable niveau de détresse. Après le test, on m’a demandé de retourner dans la salle d’attente. J’ai dit à l’infirmière que je n’étais pas capable de marcher. Elle a insisté pour me dire d’y retourner. Je lui ai dit que je me sentais tellement étourdi et faible que je devrais me coucher sur le plancher. Elle m’a dit que je devais y aller quand même et de ne pas me coucher sur le plancher parce qu’il est sale. Ça m’a tout pris pour me rendre et je suis immédiatement tombé par terre», raconte-t-il.

Inquiètes pour la santé de M. Aubin, deux femmes dans la salle d’attente ont demandé de l’aide. La même infirmière est revenue quelques minutes plus tard.

«Elle s’est mise près de mon visage pendant que j’étais couché au sol. Elle m’a intimé à plusieurs reprises de me lever et de m’asseoir. La douleur était intense et je ne pouvais pas bouger. L’infirmière m’a crié après à quelques reprises en me demandant de me lever. Elle a menacé d’appeler la sécurité. La sécurité est arrivée et ils ont tenté la même approche, mais le garde s’est rendu compte que je ne serais en mesure de le faire. Il a vu que j’étais en douleur.»

Selon M. Aubin, une vingtaine de minutes s’est écoulée avant qu’il ait eu la force de s’asseoir et un vingt minutes supplémentaires se sont écoulés avant que la même infirmière lui demande de retourner dans la salle où il a reçu son test ECG.

Éventuellement, il est examiné par un médecin et il apprend qu’il a souffert d’une crise cardiaque. Il est transféré au Centre cardiaque du Nouveau-Brunswick à Saint-Jean où il a subi une chirurgie à cœur ouvert.

Près d’un mois plus tard, M. Aubin affirme n’avoir reçu aucune nouvelle depuis qu’il a soumis sa plainte. Il veut partager son histoire et il demande une enquête pour que la même situation ne se répète pas à Tracadie ou ailleurs.

«J’ai été humilié publiquement alors que je faisais un appel à l’aide à nos professionnels dans les soins de santé. Il y a eu un mépris total pour la souffrance et un manque de compassion.»

L’Acadie Nouvelle a contacté le Réseau de santé Vitalité pour une déclaration.

«Nous prenons au sérieux toutes les plaintes et les commentaires que nous recevons de nos patients. Tous les commentaires sont importants pour nous, puisqu’ils nous donnent l’occasion d’améliorer nos services. Un suivi personnalisé et une investigation sont entrepris après la réception d’une plainte», a répondu Thomas Lizotte, conseiller régional en relations médiatiques au Réseau Vitalité.

Il rappelle aussi que des plaintes peuvent être faites par l’entremise du site internet du Réseau, www.vitalitenb.ca/fr/questions-ou-commentaires.